Toujours plus au nord. Et tout est « plus ». Plus chaud (36°C à l’ombre, c’est ça l’automne en Australie-Occidentale). Plus aride (les arbres se font extrêmement rares). Plus vide (on commence à faire attention au niveau du réservoir d’essence avant d’aller d’une ville à l’autre). Plus de rouge et d’ocre dans la terre. Plus de bleu profond dans la mer.
Et plus de mouches aussi. Si jamais vous vous demandiez, en regardant nos photos, ce que sont ces voilettes noires si seyantes qui nous couvrent parfois le visage, c’est simple : ce sont des filets anti-mouches. Et dans certains endroits plus infestés que d’autres, ils sont l’unique rempart entre l’homme civilisé et la folie (honnêtement ça peut vite devenir très pénible).

Avec une intro pareille, on ne risque pas de vous faire rêver. Mais bon, c’est aussi ça le voyage, tout n’est pas forcément parfait. Surtout quand on improvise au quotidien comme nous en ce moment, à décider au petit matin l’endroit où l’on dormira le soir. Et vraiment, on ne s’en sort pas trop mal: on a apprivoisé le 4×4, on maîtrise le montage / démontage des tentes en un temps (presque) éclair et on a appris à adapter nos journées pour profiter des heures les plus clémentes de la journée.
Bref, tout ça pour dire que nous sommes arrivés dans la très jolie ville de Kalbarri, idéalement située à l’embouchure de la rivière Murchison.

Kalbarri est connue pour le parc national du même nom, qui se divise en deux parties biens distinctes : la côte et ses falaises d’un côté, et les gorges de la rivière Murchison de l’autre.

La côte ouest-australienne est inhospitalière pour les bateaux, vous l’aurez compris: peu d’endroits où s’abriter, de nombreux récifs et rochers, et du désert qui attend l’impudent qui accosterait quand même. Et pourtant ici, on atteint encore un autre niveau avec ces murailles qui se dressent face à l’Océan Indien. C’est un spectacle grandiose, saisissant. Moins pour les marins, qui ont collectionné les naufrages dans les environs : 3 navires hollandais échoués non loin avant même que le pays ne soit colonisé (note: si vous ne connaissez pas l’histoire du Batavia, on vous invite à la découvrir sur Wikipedia, c’est fascinant).


En suivant les sentiers le long des falaises, nous avons pu rejoindre un lieu incroyable qu’on avait d’abord qualifié de lunaire avant de se rendre compte que le bon qualificatif, au vu de la couleur des roches, c’était bien martien. Pas de cette Terre en tout cas. Une ambiance incroyable à la tombée du jour, d’autant que nous y étions parfaitement seuls.

Des roches rouges aux formes étranges, les falaises en arrière-plan, l’océan infini devant, et pas un humain à l’horizon…






Mais après avoir eu l’impression de quitter la civilisation quelques instants, est-ce que ça ne rend pas meilleur le retour à celle-ci ? On a donc aussi alterné avec la plage pour les petits…


…et des visites de brasserie pour les grands (enfin un grand en particulier)
Note de Vincent : au passage si je tenais encore une page « Beer Project » comme lors du Tour du Monde 1.0, la Hazy Ale de Finlay’s aurait mérité son 10/10. C’est la deuxième en partant de la gauche sur la photo, celle qui ressemble à un jus de citron concentré. Originale et pleine de saveurs, elle est vraiment à tomber par terre. De manière générale, les bière artisanales australiennes sont de très haut niveau. Je ne sais pas si c’est une impression faussée mais en 15 ans, j’ai l’impression que le niveau zythologique a vraiment augmenté. D’ailleurs je n’ai pas vu une seule Foster’s depuis le début de voyage.


Sur la plage de Kalbarri, tous les matins depuis plus de 50 ans, des volontaires donnent un peu de poisson aux pélicans qui veulent bien venir en chercher. Evidemment, nos enfants étaient de la partie.



La partie du parc située plus à l’intérieur des terres est loin d’être en reste par rapport à la côte. Comme décrit plus haut, on y trouve les gorges de la Murchison, qui ont un (très) lointain air de paysage de l’ouest américain. Une attraction en particulier : Nature’s Window. Un nom peut-être un peu ronflant, mais un vrai bel endroit, qui vaut autant pour l’arche elle-même que pour les gorges magnifiques qu’on y découvre.





Le département des parc nationaux a pris l’initiative il y a quelques années d’investir dans la construction de plateformes en surplomb au-dessus des gorges. C’est non seulement impressionnant à cause du vide et du fort vent (Yoann n’y a pas mis les pieds) mais cela donne accès à une vue merveilleuse sur les roches rouge orangé. Et c’est une belle réussite autant architecturale que technique. On enviait les oiseaux qui s’en élançaient…








Profitez bien de votre printemps (apparemment assez pluvieux, au moins sur Paris) ! De notre côté, on croise les doigts pour que notre automne ressemble un peu moins à un été (on a regardé la météo, ça n’en prend pas le chemin du tout. au moins, nous n’avons pas à nous soucier de la pluie). Rendez-vous dans quelques jours après la visite de Shark Bay (le retour de l’UNESCO ! Et ce sont les australiens qui s’en vantent partout !)

