Après nos pérégrinations initiales dans l’île de Kyushu, la plus méridionale des îles principales, nous sommes revenus sur un parcours plus « classique » sur l’île de Honshu (la principale île du Japon). Classique dans le sens où quasiment toutes nos étapes font partie des immanquables d’un premier séjour au Japon 🙂 D’ailleurs, le nombre de touriste européens croisés a drastiquement augmenté depuis (mais pour le moment ça va, ça reste raisonnable et loin de la surfréquentation qui a eu lieu apparemment cette année aux mois de mars et avril).
En venant du sud, notre première étape sur Honshu, quasi obligatoire, fut pour la ville d’Hiroshima. Obligatoire parce qu’il s’agit d’une ville au passé chargé, bien entendu. Mais pas que. Parce que Hiroshima aujourd’hui, c’est une ville très vivante, avec de grandes avenues animées, des arcades commerciales qui vibrent toute la nuit et un jardin japonais magnifique. Mais oui, bien sûr, même encore aujourd’hui, tout le monde s’arrête à Hiroshima à cause de ou grâce à la bombe, tout dépend du point de vue.

Dans ce qu’il conviendrait presque d’appeler le pèlerinage atomique, le premier stop est pour le dôme, ce bâtiment quasiment situé juste sous le centre de l’explosion et qui fut un des rares à rester debout, en partie grâce à sa structure en béton, pas si fréquente dans la ville à l’époque. Après beaucoup de discussions, il fut décidé de la garder tel quel, comme une sorte de mémorial. Le vrai mémorial lui-même est d’ailleurs placé non loin, pile dans son axe. Une flamme y a été allumée qui ne sera éteinte que lorsque le monde sera définitivement débarrassé de toute arme atomique (il va falloir prévoir pas mal de combustible alors…)





On vous fait grâce des photos du musée attaché à ce même mémorial, d’abord par respect pour ce qu’on y a vu (des vêtements ayant appartenu aux victimes, des objets tordus par la chaleur et surtout des histoires terribles racontées par les survivants) mais aussi parce qu’aucune image ne pourrait rendre la force de ce qu’on y a lu et entendu. D’ailleurs, on ne saurait trop vous conseiller la lecture du manga « Gen d’Hiroshima » de Keiji Nakazawa si le sujet vous intéresse. C’est très (très) dur à lire car vraiment choquant mais cela décrit clairement les horreurs de la bombe telles qu’on les a vues au musée (et c’est le meilleur plaidoyer contre les armes atomiques)

Bon mais on vous disait qu’il y avait d’autres choses à voir, non ? La ville compte aussi un château (évidemment entièrement reconstruit après la bombe) dont le donjon, et surtout les douves, ne manquent pas de charme. Un peu plus loin, c’est un sublime jardin japonais qui attend les promeneurs. On commence à en avoir vu des jardins japonais, et on peut dire que celui-ci se classe dans les tops. Comme tous les jardins de ce type, il cherche à reproduire de façon idéalisée la nature et les paysages du pays dans tous leurs états. On y retrouve donc une montagne, des cascades, même de petites rizières et des plantations de thé. Et évidemment beaucoup de sérénité.











Mais Hiroshima est célèbre dans tout le Japon pour une spécialité culinaire : les okonomiyaki, un mélange improbable entre une omelette et une galette, fourré au chou, aux nouilles et à plein d’autres trucs. Alors bien sûr, on peut en trouver ailleurs dans le pays mais celles d’Hiroshima ont une recette unique, spécifique à la ville. Et aller au restaurant pour voir le cuisinier la préparer sous nos yeux, c’était un plaisir supplémentaire à celui de la dégustation (et on vous garantit qu’on n’a pas faim après).






Une dernière raison de venir jusqu’à Hiroshima, s’il en fallait vraiment une autre, c’est d’aller visiter l’île toute proche de Miyajima. Proche de la ville et proche du rivage, 10 minutes à peine suffisent à la rallier en ferry depuis l’île principale. Pourtant, c’est tout à fait un autre monde qui attend le visiteur de l’autre côté du détroit, surtout s’il a pris soin d’y passer la nuit pour laisser passer les hordes de touristes afin de profiter du calme revenu une fois la nuit tombée. On y est accueilli par des troupeaux de cerfs sika complètement habitués à l’homme (trop peut-être) mais dont la présence ravit autant les enfants que les amateurs de One Piece (coucou Chopper !).




L’île est couverte de divers temples (bouddhiques) et sanctuaires (shintoïstes). Le sanctuaire le plus sacré est construit sur pilotis, flottant majestueusement au dessus de la baie quand la marée est haute. Mais il est loin d’être seul et on ne sait plus où donner de la tête entre les différents lieux de culte, tous plus beaux les uns que les autres et surtout regorgeant de petits détails propres à satisfaire l’œil. Oui, définitivement, le Japon est le pays le plus photogénique du monde !

















S’il y a bien un élément symbolique de ce lieu, c’est son immense torii rouge planté dans la baie et dont la base est submergée à marée haute. C’est incroyable comme cette porte aimante le regard et attire à elle le visiteur à toute heure de la journée. En tout cas, pour notre part, nous y sommes retournés au moins 5 fois, de jour comme de nuit, à marée basse comme à marée haute. On ne s’en est jamais lassé… Allez, on n’est pas radin, on vous met toute la série 🙂















Par ailleurs, l’île est très montagneuse, culminant à plus de 500m sur une surface très faible. De plus, les flancs à pics des montagnes sont recouverts d’une forêt primaire quasi impénétrable, digne des plus beaux animés de Miyazaki. On n’a pas fait les malins, on est monté en téléphérique (mais redescendus à pied). Du sommet, malgré le temps brumeux, on avait une vue formidable sur la mer intérieur de Seto, celle qui relie entre elles toutes les îles japonaises, mer elle-même parsemée d’une myriade de petites îles. Sur le chemin, comme partout au Japon, une myriade de petits sanctuaires plus pittoresques les uns que les autres.












Après Hiroshima, toujours plus loin vers le nord-est et sur la route de Tokyo, le château de Himeji, au surnom éminent poétique de « château du héron blanc » (on comprend facilement pourquoi au vu de sa couleur et de ses toitures élancées telles des ailes) est un peu la « star » des châteaux japonais. Autant celui de Kumamoto nous avait énormément plu, malgré (et même un peu grâce aux…) les travaux de reconstruction toujours en cours, autant celui de Himeji peut se targuer d’être un des rares qui soit « totalement d’époque ». La région a été autant épargnée par les tremblement de terre et les incendies que par les guerres du temps du shogun, et même les bombardements de la seconde guerre mondiale. C’est une chance et on en profite aujourd’hui. La structure entièrement en bois est d’époque et c’est sacrément impressionnant quand on se rend compte de la hauteur du donjon. Plus de 40m qui reposent sur deux piliers en bois bien épais (des arbres en fait, tout simplement).





A l’intérieur, obligation d’enlever ses chaussures pour ne pas abîmer les parquets. On glisse sur les lattes parfaitement lustrées en admirant le travail de la charpente. A tous les étages, on a l’impression dune forêt dressée en un immense jeu de mécano. 6 étages à grimper par des escaliers bien raides, avec des meurtrières pour avoir une superbe vue sur la ville (on n’oublie pas qu’il s’agissait aussi d’un château destiné à se défendre en cas de siège, pas juste une belle demeure). Une visite qui nous a tous enchantés.





L’étape d’après, c’est Kyoto, l’ex-capitale impériale (c’est même la signification de son nom « ville capitale » !) et immanquable de toute visite au Japon. On a prévu d’y passer 5 jours, espérons que la pluie ne vienne pas trop contrecarrer nos projets (il faut dire qu’on a eu une chance dingue avec la météo depuis le début de ce tour du monde). On vous dit à bientôt !

