On ne compte plus les voyageurs malheureux qui, prenant part à une excursion à la journée au départ de Tokyo, espéraient découvrir le Mont Fuji et reviennent finalement déçus, n’ayant fixé sur leur pellicule numérique qu’un amas de nuages gris au lieu de la célèbre forme tronconique. C’est que la plus haute montagne de l’archipel aime se faire désirer. Même si le temps est au beau, elle peut très bien décider de passer la journée derrière les nébulosités.

Par exemple, là, au fond, il devrait y avoir un beau Fuji entier qui se refléterait dans le lac…

Pour mettre toutes les chances de notre côté, nous avions décidé de passer non pas un mais trois jours entiers dans la région des 5 lacs, la région qui se situe juste au pied de la montagne. On se disait qu’en trois jours, ce serait bien le diable qu’on n’en voit pas un petit bout. Et bien le diable a bien failli avoir raison de nous.

Oh, un p’tit bout justement !

Les deux premiers jours furent gris. Ou pluvieux. Ou les deux. Enfin bref, nous n’avions vu au mieux que des bouts de la montagne. Et au pire nous avions pris un peu de pluie. Mais nous gardions espoir car la météo, plutôt fiable depuis que nous sommes ici, nous annonçait une très belle troisième journée. A nous de nous montrer patients et d’occuper notre temps intelligemment en attendant un jour meilleur. Or il y a plein de choses à faire dans la région. A commencer par voir les lacs dont on parlait plus haut et les villages qui les bordent.

Le Fuji est aussi recouvert de forêts magnifiques, où les arbres poussent en rang serrés ne laissant que peu passer la lumière. Le sol y est un amas de pierres volcaniques supportant un incroyable enchevêtrement de racines, lui-même recouvert de mousse (mmmh de la mousse bien verte, serait-ce à dire que la région serait souvent arrosée ?)

Juste à côté, les différentes éruptions (la dernière a eu lieu il y a 300 ans) ont formé des tubes de lave. Le principe ? La lave coule, refroidit en surface au contact de l’air et durcit. Par contre la lave se trouvant sous la croûte extérieure reste chaude et fluide, contenue à couler, et quand l’éruption se termine il ne reste que la croûte originelle, croûte qui forme après coup les fameux tunnels de lave. Aujourd’hui, on peut parcourir ces tubes et faire un tout petit peu de spéléo (faut pas être claustro). Le fond des grottes ainsi formées est si frais qu’on y trouve des stalactites de glace !

Et quand il ne reste vraiment plus d’autres solutions pour éviter le mauvais temps, on noie son chagrin dans l’alcool en visitant une distillerie de saké.

S’il y a bien un site que nous avons tous apprécié durant ces journées d’attente, c’est celui du sanctuaire Kitaguchi Hongu Fuji Sengen. Encore un sanctuaire direz-vous… Oui. Et pas spécialement plus richement décoré ni plus flamboyant que les autres. A peine possédait-il le record du plus grand torii en bois de tout le pays, mais il en faut d’autres pour nous impressionner désormais. Non ce qui a nous a tous charmés, c’est l’ambiance du lieu. Ce calme incroyable instauré par la présence d’arbres millénaires qui dominent le sanctuaire de la tête et des ramures.

Offrande de saké au temple ! Ça peut permettre de tenir quelques jours pluvieux en effet.

C’est difficile d’expliquer pourquoi tel lieu nous touche plus qu’un autre. Ça tient à une multitude de petits détails : peu de touristes, des rayons de soleil, de jolis drapeaux de prière, des arbres vénérables.. Quoi qu’il en soit, nous sommes tombés amoureux de ce (pas si) petit sanctuaire.

Bon mais alors, vous l’avez vu ou pas Fuji San ? Et bien le troisième jour, la lumière fût ! En nous jetant à la fenêtre de notre chambre dès le réveil, nous découvrions ceci…

Une journée incroyable pendant laquelle nous avons enchaîné les points de vue sur la montagne. D’abord depuis une pagode installée sur les flancs d’une colline d’en face (et ça grimpe bien).

La même avec la branche de cerisier en fleur et on a la carte postale parfaite !

Ensuite direction Oshino Hakkai, un autre village connu pour ses sources sacrées, ses petites maisons aux toits de chaume et… sa vue sur le Fuji bien sûr.

Bon en cours d’après-midi, les nuages sont un peu réapparus mais nous avons eu le temps d’aller jusqu’au lac Motosu pour y découvrir la fameuse vue du « billet de 1000 yens ». C’est le billet dont tu te sers tout le temps au Japon (ça fait à peu près 6 euros). Et au verso est imprimé un panorama célèbre du Fuji San, ce fameux panorama visible depuis le lac le plus isolé des 5.

Bon OK, c’est pas évident de mettre sur le même plan un billet de près et une montagne de loin, c’est le principe même de la photo ! Mais vous nous ferez confiance sur ce coup-là !
Hop, un peu de canoë avec le Fuji en fond, c’est pas mal non ?

Ensuite, il y avait trop de nuages pour qu’on puisse voir quoi que ce soit de mieux que ce qu’on avait déjà vu en matinée. Du coup, nous étions rentrés chez nous pour nous reposer un peu. Et voilà qu’en sortant du supermarché (il fallait bien remplir le frigo en vue des prochains repas) nous retombons sur cette vue au soleil couchant ! Magique…

Et bien voilà, la patience a payé, on l’a eue notre belle journée autour du Fuji. Mais on a quand même eu beaucoup de chance car cette journée dégagée était la première depuis une semaine (moche), et qu’elle sera visiblement la seule tout court pour un moment (le gris s’est bien installé au Japon). Bref, nous sommes arrivés pile dans le bon intervalle. Chouette !


4 réponses à « Et soudain Fuji face au vent … »

  1. Avatar de Chicouf
    Chicouf

    Quelle chance que vous ayez pu apercevoir le Mont Fuji en entier, car nous n’avons pas eu cette possibilité.

    Ce malheur nous a suivis au Costa Rica. Après 3 jours d’attente, nous n’avons bénéficier que de nuages au niveau du volcan Arenal

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  2. Avatar de lancien
    lancien

    Il sait se faire désirer ce Fuji, mais il est tellement somptueux quand il se dévoile enfin. On ne s’en lasse pas. Bravo pour votre patience (forcée). Quant à la blague du titre, s’il y en a une, une fois de plus je ne l’ai pas. A votre retour j’en aurai des questions !

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    1. Avatar de La grande famille

      indice ? Indochine !

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  3. Avatar de lancien
    lancien

    Merci, avec l’indice je l’ai maintenant, mais ma culture musicale laisse tant à désirer, même pour un titre qui date d’une époque où j’étais encore jeune.

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