Merida, tarif habituel : cité maya & cénotes

A une faute de frappe près dans son nom, la bonne ville de Merida aurait pu nous mettre bien dans l… ennui, pour rester poli. Alors que nous avions prévu d’y passer deux journées pleines, nous avons été contraints d’en rajouter une troisième. La faute à l’ouragan Beryl ! Vous en avez peut-être entendu parler en France, entre les joies des législatives et le début des vacances d’été, mais en tout cas ici ce fut une grosse affaire: un ouragan de catégorie 5 qui avait déjà ravagé le sud des Antilles et se dirigeait droit sur le Yucatán. Des messages de prévention avaient été diffusés partout : calfeutrez-vous, personne ne sort, faites des provisions de nourriture et d’eau potable, et prévoyez des coupures d’eau et de courant. En ville, les gens avaient mis des sacs de sable devant les portes et des panneaux de bois sur les fenêtres. Bref ça pouvait être méchant. Au final, l’ouragan semble avoir changé de route au dernier moment (et perdu aussi en intensité) ce qui fait qu’on n’a ni histoire épique, ni photo incroyable à vous montrer : nous avons juste passé la journée à traîner au lit et à jouer aux cartes (ce qui n’est pas pour nous déplaire non plus, il faut savoir souffler). Bref, on a adapté notre programme et ça sert toujours d’avoir un peu de flexibilité (vive l’impro!). Et Mérida dans tout ça ?

Centre en travaux et en mode protection avant le cyclone

Il s’agit de la capitale du Yucatán, et d’une des plus grosses villes du Mexique. Comme beaucoup de cités ici, elle a été construite en lieu et place d’une ville maya. Pas la trace d’un immeuble en son sein, non, elle a gardé son vieux centre colonial et s’étend plutôt horizontalement sur des kilomètres. Fun fact : la ville connut un moment la plus forte concentration de millionnaires au km² in da whole world. Ce fut l’époque du boom du sisal qui profita comme jamais aux propriétaires d’haciendas de la région qui construisirent en ville palais et demeures de luxe.

De ce glorieux passé, il ne reste que les ruines de 1400 (!) haciendas dans toute la région. Le sisal a été remplacé par le plastique et lorsque les riches propriétaires se sont envolés vers d’autres cieux (comme la Team Rocket), les mayas tenus en quasi-esclavage pendant des siècles se sont un peu énervés sur les maisons de leurs anciens maîtres. Néanmoins, il reste au moins une hacienda toujours en activité et c’est dans celle-ci que nous avons traîné nos tongs.

Mais d’ailleurs le sisal c’est quoi ? C’est une fibre végétale, comme le coton ou le lin, dont on se sert avant tout pour faire des cordages. Et cette fibre est extraite des feuilles d’une agave bien particulière (comme quoi, ces plantes ne servent pas qu’à faire de la téquila).

Ça ressemble à ça. Et ça pique…

Aujourd’hui encore, dans l’hacienda de Sotuta de Peon, on cueille les feuilles de sisal et on les achemine jusqu’à une machine dantesque qui les plie, les broie puis les râpe pour en extraire des fibres jaunâtres qu’on transforme ensuite en cordes plus ou moins épaisses.

Le produit fini

Cette hacienda avait en plus la particularité d’être construite sur pas moins de 8 cenotes (pratique pour les réserves d’eau) et l’un d’entre eux, un cenote souterrain, a depuis été aménagé pour la baignade. Un superbe endroit à l’ambiance calme et fraîche (pas un luxe avec la canicule !) et aux eaux incroyablement transparentes : on voyait sans aucun problème le fond situé plus de 10m en dessous de nos pieds !

Départ pour le cenote sur un « wagon » tiré par une mule sur des rails français (Decauville)

Dans les environs de Mérida, et c’est désormais habituel dès qu’on va quelque part dans le Yucatán, se trouve une des plus importantes cité mayas: Uxmal. Avec Chichen Itza (à venir) et Palenque (déjà vue), elles forment le triptyque le plus célèbre des fans de vieilles pierres. Dès l’entrée, on y est accueilli par une énorme pyramide magnifiquement restaurée.

Mais plus que ses pyramides étonnantes, ce qui fait la particularité d’Uxmal, ce sont ses bâtiments parfaitement conservés, aux toits toujours en place et aux dimensions monstrueuses, y compris pour aujourd’hui ! Le tout construit à la main, sans roue et sans animal domestique, on le rappelle ! Enfin les décorations encore en place sur les bâtiments sont les plus nombreuses et les plus fines que nous ayons vues pour le moment au Mexique. On y trouve des serpents à plumes (influence toltèque) des masques du dieu de la pluie, des rois représentés en majesté, des tortues, des jaguars, etc…

Le tout dans un site vallonné, planté d’arbres à l’ombre accueillante et encore et toujours très peu fréquenté (c’est fou comme il n’y a personne au Mexique en ce moment !)

Depuis les hauteurs, on tente l’effort d’imagination permettant de se représenter cette cité active, vivante, grouillante d’activité…
L’iguane, le nouveau seigneur des lieux
Un immense terrain de jeu…

Bon, et quand on a bien sué sous le soleil d’Uxmal, qu’est-ce qu’on fait ? On se jette dans un cenote bien sûr. La région du nord du Yucatan est réputée pour ses cenotes, et le plus compliqué, c’est encore de choisir dans lequel on préfère aller : ouvert ou souterrain, sauvage ou touristique, aménagé ou naturel ?

X’Batun, un superbe exemple de cenote ouvert, peu touristique et non aménagé
Un cenote semi-ouvert (oui ça existe !)
Activité pêche de petits poissons à la main
Gagné !

Bien sûr, nous ne les avons pas tous vus le même jour. Mais c’est super chouette de pouvoir enchaîner une visite « classique » avec la possibilité de se jeter à l’eau dans un lieu d’exception

Le cenote Su-Hem

Et puis on a beau lire tous les guides et toutes les pages internet, parfois la chance est notre meilleure alliée. En tentant d’aller voir un cenote décrit comme très chouette, nous nous sommes enferrés dans une piste impraticable et boueuse pour finalement trouver porte close. Faisant demi-tour, nous avons essayé de trouver un autre lieu pour compenser notre déception. C’est là que nous sommes tombés complètement part hasard sur le cenote Su-Hem qui s’est avéré une divine surprise. Un cenote ouvert cette fois, et aménagé : des escaliers vertigineux pour descendre, une plateforme de saut, un trapèze pour se balancer à l’eau. Le tout sans aucune notion de sécurité bien entendu ! 🙂 On pouvait même sauter depuis le bord du cenote jusque dans l’eau, loin en dessous (pas de risque, le gouffre fait plus de 30m de profondeur) On s’y est tous éclaté pendant des heures.

Prêt pour le saut de la mort…

Allez, encore une dernière étape (Valladolid) et on en aura fini avec le Yucatán. C’est fou comme le temps se met à passer de plus en plus vite !


Une réponse à « Merida, tarif habituel : cité maya & cénotes »

  1. Avatar de Mamou
    Mamou

    Il paraît qu’il y aurait près de 10 000 cenotes au Mexique et plus particulièrement au Yucatan ! Vous pourrez donc revenir sans problème ! À part ça c’est toujours aussi beau et j’espère que petits et grands vous appréciez les merveilles que vous découvrez 🤩👏♥️

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