Un lion et la plage

Et non pas un lion à la plage, c’eut été cocasse. D’ailleurs dans ce cas c’eut été un sea lion, et les amateurs de jeu de mots laids eussent été ravis. Mais des sea lions, il n’y en a pas dans le coin, il fait bien trop chaud pour ça (on y reviendra). Non c’est un lion puis la plage. Oui, comme le prouve la photo en tête d’article, nous avons enfin croisé le roi des animaux, le king de la savane, le boss final du big 5! Et comme rien ne nous fut donné dans nos safaris la rencontre ne s‘est pas faite toute seule. Ça mérite bien quelques lignes (donc si vous lisez ça pendant la pause café, vérifiez que votre chef ne vous regarde pas activement).

Salut !

Revenons donc un peu en arrière. Nous passons notre dernière soirée dans le parc de Tsavo Est, le parc national le plus proche de la plage et donc des zones les plus touristiques du pays (et ça a son importance pour la suite). Il fait beau, grand beau même, et ça été suffisamment rare dans nos safaris pour le noter. Les couleurs explosent, le rouge brique des pistes contraste avec le vert vif et tendre de la végétation revigorée par les pluies quotidiennes.

Très vite nous retrouvons des kudus, des bubales. ainsi que des zèbres orange (à cause de la terre) et des éléphants qui ne le sont pas moins (oranges, pas zébrés).

Dans l’ensemble, c’est plutôt une bonne sortie, on croise beaucoup de faune. Et puis nous voyons trois voitures à l’arrêt total. Tous ceux qui ont fait du safari un jour savent que trois voiture arrêtées, ce n’est pas pour une simple gazelle.

Et pourtant la gazelle de Grant, c’est l’élégance faite bovidé

On s‘arrête donc à côté de l’un des conducteurs; il nous informe qu’il s’agit d’un lion. Enfin il faut le croire sur parole car on ne voit rien. Absolument rien. Juma, notre guide, se renseigne un peu mieux et un chauffeur lui met le nez sur l’objet du délit. Ah c’est pas un tas de terre ce truc marron dans les herbes ? Soyons honnêtes, on ne l’aurait jamais repéré si ceux qui nous ont précédés ne l’avaient pas eux-mêmes vu bouger. C’est donc un lion. Et il dort. Comme le fait tout lion digne de ce nom 22 heures sur 24. Or il se trouve que avions déjà notre compte d’animaux “standards”, mais pas encore un seul lion à notre actif. Nous avons tous décidé en cœur de rester sur place en espérant le voir bouger. Surtout que les premiers arrivants s’en vont, découragés par l’inactivité du fauve, et nous laissent la meilleure place. Commence donc une longue attente, où l’espoir naît parfois d’une oreille qui bouge, d’une queue qui bat l’air ou d’une patte qui s’étend. Mais la bête semble dormir à poings fermés. Des voitures arrivent, repartent, nous on reste. 30 minutes. Et bientôt une heure. C’est dur pour les enfants, la patience à cet âge là n’a qu’une durée limitée. Mais on tient bon. Surtout qu’à un moment, ô miracle, le lion se retourne ! Et qu’on le voit enfin entièrement (mais brièvement). Le revoilà parti pour une dose de sommeil. On attend encore un peu et on le reverra juste une fois (à la jumelle) lever doucement la tête. Ça suffit largement à notre bonheur et on se prépare à lever le camp car la nuit tombe. C’est là que le deuxième safari commence…

On l’a dit plus haut, les touristes de Tsavo, ce sont des touristes de plage (cela dit sans a priori négatif, car nous en sommes désormais). Leur priorité ce n’est pas le safari. Mais ils veulent y goûter un peu. Alors ils prennent une excursion de 2 jours / 1 nuit, se tapent 5h de route et veulent à tout prix rentabiliser le déplacement. Quitte à franchir toutes les limites. Dès que nous avons libéré la place, nous avons assisté à une véritable curée : un premier véhicule rempli des touristes sort de la piste, roule dans les buissons (évidemment c’est totalement interdit) et fonce droit sur le lion pour s’arrêter à 1m de lui, puis repartir en trombe avec ses occupants qui font youhou !!! On est choqué. C’est le signal : tous les fauves (c’est approprié) enfermés dans leur jeep, excités autant par l’attente stérile que par l’heure prochaine de fermeture du parc, imitent leur sinistre prédécesseur et foncent sur le pauvre félin pour l’entourer d’une meute vrombissante. Pauvre lion… Au moins est-on fier de nos enfants qui réprouvent totalement ce comportement. Eux trouvent parfaitement normal d’avoir attendu pour en voir un tout petit peu, mais en respectant l’animal autant que possible. Même si c’était long et fatigant. Voilà juste un long paragraphe pour décrire les choses telles qu’elles sont et ce qui se cache parfois derrière certaines photos Insta (comment ça dénonce sec ici !).

Il y en a 6 comme ça qui tournent en continu 24/24

Ceci étant dit, c’était la fin de l’activité safari. Enfin au moins pour quelques jours (on en remet une dose en fin de séjour). Nous avons quitté les basses plaines pour rejoindre Mombasa, le grand port et deuxième ville du pays, pris le ferry et rejoint la côte sud du pays, direction Diani Beach.

Dans le jardin de notre hôtel.

La végétation change peu à peu, plus “côtière” justement: des palmiers, des baobabs énormes le long de la route. Et surtout il fait de plus en plus chaud. Lourd. Moite. Les vêtements collent à la peau. Nous ne sommes pas fâchés d’arriver enfin dans notre hôtel Le Flamboyant, réservé depuis la France.

Très bonne surprise, c’est encore mieux en vrai que sur le site internet. Un splendide jardin où se côtoient flamboyants (d’où le nom), frangipaniers, baobabs, le tout autour d’une magnifique piscine à l’eau de si bonne température que les enfants ne la quittent plus. Estelle râle même quand on la « force » à aller à la plage. Plage qui est vraiment horrible, vous en jugerez par vous même sur les photos suivantes.

Le but c’est clairement de se reposer un peu ici, de se lever tard et de prendre son temps, de ne rien faire à part le travail scolaire (et oui, on n’oublie pas). Bref on ne bouge plus pour 5 jours. Sauf un membre de la famille. Mais ça, ce sera pour le prochain article du blog.


2 réponses à « Un lion et la plage »

  1. Avatar de lancien
    lancien

    Merci pour ce bel article très attendu. (ton lectorat devient accro) Celà valait la peine de te coucher tard

    J’aime

  2. Avatar de Mamou
    Mamou

    Zut je ne suis pas la première 😖​ Je suis estomaquée par le chapitre du lion. Tu ne dis pas si ça l’a réveillé et s’il a préféré aller dormir ailleurs. Quant à la gazelle c’est la beauté à l’état pur. Magnifique. 👏​🤩​

    J’aime

Laisser un commentaire