Allez petit cours de géo: situé juste à côté de l’Équateur, le mont Kenya est un volcan éteint. C’est aussi le deuxième plus haut sommet d’Afrique, culminant à environ 5200m d’altitude. Et il respecte parfaitement la règle qui veut que le deuxième sommet de chaque continent soit toujours plus dur à gravir que le premier. Si on avait pu randonner sans autre souci que la gestion de l’altitude jusqu’au sommet du Kilimandjaro, il n’était cette fois pas question de gravir le Mont Kenya. Et pas seulement parce nous étions accompagnés d’enfants, mais tout bonnement parce qu’il faut pour ce faire maîtriser des techniques d’alpinisme. Nous avions donc seulement programmé de randonner sur ses flancs.


Par contre, vous vous souvenez qu’on est les spécialistes du safari Wish ? Le safari “presque” comme les autres mais quand on regarde bien, les finitions laissent à désirer. A Maasai Mara on se déplaçait dans un van qui prenait la pluie et qui évitait soigneusement toute route boueuse de peur de s’embourber. Et bien ça n’a pas changé. Enfin si, on a changé de van, mais les résultats sont toujours les mêmes : on galère. Cette fois, ce sont les pentes escarpées du volcan qui ont mis à genou le pauvre véhicule. Alors certes nous étions chargés comme des mules (1 cuistot, 2 guides, du matos de cuisine, de la nourriture) mais on sentait bien que la motorisation était poussive. Et sur une énième grosse pente, ce fut l’arrêt complet. Impossible d’avancer.


On fait descendre quelques passagers, ça ne change rien. On descend tous: pas mieux ! On se retrousse les manches et on pousse, le van avance de 5 mètres puis se bloque de nouveau dans les graviers. Il a fallu qu’on le vide entièrement de chaque objet qu’il contenait, même le plus insignifiant, pour qu’il consente à repartir. Un peu comme la scène dans les Bronzés font du ski où, pour sortir Jugnot d’un précipice, Thierry l’Hermitte lui demande de lâcher jusqu’à sa gourmette (et ça marche). On a les références qu’on peut ! Et bien là aussi ça a fonctionné et nous avons finalement atteint notre lodge, idéalement situé sur un escarpement herbeux à 3000m d’altitude, juste en face des sommets (oui DES sommets parce que le mont Kenya, très découpé, a plusieurs sommets). L’endroit était splendide, mais frais et pas (assez) chauffé. Ça nous changeait de Diani: on dormait avec toutes nos couches de vêtements (et même plus).





Et si on parlait des randos ? Vincent est parti de son côté, histoire d’aller taquiner les hauteurs et d’aller voir la neige de plus près. Audrey, Yoann, Florent et Estelle ont suivi un autre parcours qui allait un peu moins haut.

Côté Vincent : Comme je devais faire plus de distance et de dénivelé dans le même temps que les autres, je suis parti avec mon guide.. en courant ! Et courir avec un kényan, ce n’est pas forcément la meilleure idée. On a gravi la montagne façon trail pour monter de 1200m en un peu plus de 2h. Et ceci pour atteindre l’altitude très respectable de 4200m et surplomber le lac Michaelson. Même mon guide était essoufflé, c’est dire. Sur le chemin, le paysage a progressivement changé, passant des forêts de bambous aux prairies herbeuses, et des prairies aux jardins alpins jusqu’à atteindre les hauteurs volcaniques, dénudées mais pas stériles (coucou le daman des rochers!). Devant moi, un paysage incroyable de gorges, de lacs, de cascades et tout en haut le sommet, enneigé, à portée de main… Mais il fallait déjà redescendre, toujours en courant (mais là juste pour le fun) (et pour faire un peu d’exercice). Florent l’aventurier était déçu de ne pas partir avec moi mais honnêtement c’était très sportif et j’étais sur les rotules à la fin.






Côté Audrey & Yoann, Florent et Estelle : D’abord rejoindre le lac Ellis à 3500m, tache bleue au milieu des hautes herbes. Et profiter du calme, faire des ricochets, tenter de pêcher…

En chemin, on trouve un jeune caméléon. Pour éviter qu’il ne parte dans les bas-côtés, je le fais grimper sur ma main. Yoann et Florent ont tout de suite envie de m’imiter. Le contact avec la peau est plutôt agréable: ça chatouille. Il change même de couleur devenant marron, puis se couvrant de taches jaunes sur les flancs.





On suit ensuite un sentier étroit serpentant à travers des buissons plus hauts que nous et rejoignons ainsi une magnifique cascade, assez inattendue au milieu de ces terres plutôt sèches. C’est là que nous retrouvons Vincent.


Franchement, c’était vraiment un endroit superbe, avec une ambiance de montagne très dépaysante sous ces latitudes. Ça valait vraiment le coup de faire la route et de franchir tous les obstacles sur notre chemin pour venir jusque là. Et c’était une merveilleuse étape vers la suite, un peu plus au nord…




