(*) Celui là est méchamment capillotracté mais Audrey n’y a pas mis son veto alors…
El Nido, ville située tout au nord de Palawan, c’est peut-être LA plus grosse destination touristique des Philippines aujourd’hui. Pourtant, il n’y a même pas 20 ans, ce n’était encore qu’un gros village de pêcheurs planté au bord de la mer de Chine méridionale – comme nous l’expliquait notre logeuse qui prétend y avoir construit de ses mains la première maison en béton avec un étage. Aujourd’hui c’est une (très) grosse station balnéaire, avec tous les mauvais côtés que cela peut comporter : bars bruyants, touristes « festifs » plus portés sur l’alcool que le voyage, circulation intense et constructions désordonnées… Il est certain que cela change de l’ambiance relax et nonchalante de Port Barton. Mais si tout le monde y vient malgré ces désagréments, c’est peut-être qu’il y une bonne raison de visiter El Nido, non ? Une très bonne raison !

El Nido est en effet la porte d’entrée vers la baie de Bacuit, une large échancrure dans le littoral fermée par des chapelets d’îles vierges, aux falaises tombant à pic dans la mer, laissant parfois une petite place à de splendides plages de sable fin permettant de goûter à l’eau turquoise. En ce qui concerne le paysage, c’est un mélange entre la baie de Ha Long pour cette étendue d’eau parsemée d’îlots rocheux entre lesquels se perdre est un plaisir et les tsingy de Bemaraha (à Madagascar) pour leurs pointes tranchantes et effilées, caractéristiques des massifs karstiques.


Et évidemment ça se parcourt uniquement en bateau. Pour la visite, c’est simple, c’est comme au resto chinois : on choisit son menu par sa lettre. Ici, le touriste a le choix entre les tours A, B, C et D, chacun menant dans une partie précise de la baie. Du coup nous avons choisi… de ne pas choisir ! Ou plutôt de faire différemment. Une première journée pour le tour B, pour la bonne et simple raison que c’est l’un des moins demandés et qu’on avait le secret espoir de s’y retrouver plus seuls qu’ailleurs. Ce qui n’est pas un luxe ici, puisque apparemment certains sites sont réellement aussi bondés qu’un métro parisien à l’heure de pointe. C’était visiblement une bonne pioche car nous avons pu profiter d’une merveilleuse journée sans voir plus de quelques bateaux sur les sites où nous accostions.






Nous avons alterné entre sites de snorkeling magnifiques (les coraux sont vraiment superbes et variés, et accessibles à 10m des plages !) plages de sable si blanc qu’il en fait mal aux yeux et visites de grottes, car qui dit karst dit calcaire, et qui dit calcaire dit grottes.






Le lendemain rebelote, on a refait un tour mais cette fois-ci, ce fut un mix entre A et D, chose rendue possible par l’utilisation d’un bateau un peu plus rapide que le bangka traditionnel utilisé la veille. Et encore une fois, l’idée était d’éviter les foules, soit en arrivant avant celles-ci (l’alcool du soir n’est pas soluble dans le réveil matinal) soit en allant dans des coins plus reculés. Encore une fois, mission totalement atteinte (et ce n’est pas un mince exploit). C’était d’autant plus crucial pour la visite du Big Lagoon, dans lequel on ne peut pénétrer qu’en kayak, et pour lequel des files d’attente d’une heure se forment parfois en pleine mer (enfin on ne l’a pas vu, hein, c’est notre pilote qui l’affirmait). Mais là, en arrivant dès 8h du mat’, nous avions les lieux (presque) pour nous tout seuls !





Une des plages sur lesquelles nous voulions nous installer était interdite au public pour cause de tournage de Survivor ? Qu’à cela ne tienne, notre pilote nous a illico conduits sur une autre absolument exceptionnelle, loin de toute agitation, avec le sable d’un côté et les coraux à portée de tuba de l’autre (coucou Némo). Le pied !










Donc oui, cent fois oui, cela valait le coup de venir à El Nido. La baie est magnifique et il est même possible de la découvrir loin des foules pour peu qu’on s’en donne les moyens. La ville elle-même a même fini par nous séduire un petit peu par son ambiance dynamique et ses rue animées que l’on ferme le soir pour y installer des dizaines de barbecues.

Un super séjour sur la mer que l’on prolonge demain avec le départ en bateau (et pour trois jours) vers l’île de Busuanga, plus au nord. A bientôt !


