On ne compte plus le nombre d’îles abordées lors de notre voyage aux Philippines – sans doute des dizaines – car aux plus importantes (Luçon, Palawan…) s‘ajoutent toutes les petites sur lesquelles nous avons accosté lors des différents “island hoppings” et autres expéditions de snorkeling. Mais Siquijor et Bohol, ce sont les dernières “grandes” îles que nous visiterons dans ce pays. Et autant vous le dire tout de suite, qui dit grande île dit article qui ne l’est pas moins (on aurait pu faire deux articles distincts mais voilà qui permet de clore en beauté le chapitre philippin de notre tour du monde).

Siquijor devait être notre destination la plus relax des Philippines, mais comme le dirait Audrey, impossible de rester tranquillement à ne rien faire avec un père de famille pareil. Cependant le décor est tellement beau qu’il est difficile de rester tranquillement dans son hamac sans avoir des envies d’exploration. Et Siquijor (prononcer Si-Ki-Hor) est une île qui s’y prête parfaitement : comme la circulation y est peu dense, sans camion et avec très peu de voitures, c’est l’endroit parfait pour louer des scooters et partir à l’assaut de la route qui en fait le tour. C’est donc ce qu’on a fait, trois passagers sur un scoot et deux sur l’autre. Les enfants ont apprécié le moyen de transport, et surtout Estelle qui a carrément boudé sur un trajet pendant lequel son père n’essorait pas assez la poignée des gaz à son goût ! 😀 Cette petite aime la vitesse et les sensations…

Pourtant des sensations, elle n’en a pas manqué. L’île est connue pour ses rivières aux eaux accueillantes, entrecoupées de cascades idylliques se déversant de bassins en bassins, parfaitement propices à la natation mais surtout à toutes sortes de sauts depuis diverses plateformes aménagées. Car si on a trouvé des coins où nous étions quasiment seuls au milieu de la jungle, avec pour tout équipement un ponton et une corde pour se balancer, d’autres endroits étaient plus fréquentés, avec une ambiance se rapprochant de la kermesse populaire. Surtout le week-end où les philippins sortent en masse se rafraîchir en famille: ça devient un peu le bazar mais toujours joyeux et bon enfant.

Quoi qu’il en soit, il y aura toujours quelqu’un pour vous proposer une corde pour vous balancer depuis une hauteur et se jeter de plus ou moins haut suivant les appréhensions de chacun (et nos enfants sont plutôt des casse-cous). 

Le saut de Tarzan de la mort ! 8m de haut au moment de lâcher la corde quand même, et fallait bien viser ! Du coup il y avait peu de volontaires, même si les locaux y claquaient facilement le double salto…
(image extraite d’une vidéo, ce qui explique la mauvaise qualité)

La douce température de l’eau dans les rivières n’a d’égale que sa pureté. C’est bien simple, l’eau est si transparente que sur certaines photos, on jurerait que la rivière a disparu ! (avec un poil d’exagération, d’accord)

Mais il n’y a pas que des cascades sur cette île: entre deux plages de sable, la côte est finalement assez accidentée et on y trouve aussi de magnifiques falaises constitué de corail soulevé par les mouvements de terrain.

Plus loin, c’est un banyan sacré qui nous a retenus. Plus que l’arbre lui-même, pourtant d’un âge plus que vénérable, c’est le bassin disposé à ses pieds qui a justifié notre pause. Occupé par des centaines de poissons, il est permis d’y tremper les pieds pour bénéficier d’une pédicure gratuite. Les poissons, petits et gros, se jettent en effet sur toute peau qu’on leur propose, venant râper les petites peaux, grignoter entre les orteils et becqueter les cuticules. Forcément, ça chatouille méchamment (sans jamais faire mal cependant) et pour certains c’est une torture insupportable. Mais une fois qu’on s’est habitués à la sensation inhabituelle, ça devient franchement agréable !

Et pour les amoureux des vieilles pierres, plutôt frustrés aux Philippines, il y a aussi de splendides églises construites par espagnols datant de plus de 400 ans.

Oh de nouveau des photos sous-marines ? Oui mais c’est une des dernières fois en ce qui concerne les Philippines ! Et puis le sanctuaire marin de Tubod était si exceptionnel de par sa faune que nous ne pouvions pas ne pas le mentionner. C’est bien simple, on n’avait jamais vu autant de poissons aussi près d’une plage. Depuis notre hôtel, il suffisait de traverser la route, marcher sur 50m, nager sur 20 et nous étions entourés de poissons de récifs ! On a tout de même eu de la chance : dans l’optique de préserver les lieux et de laisser aux poissons le temps de frayer, le sanctuaire est fermé plusieurs jours par mois. Et ça venait tout juste de rouvrir la veille de notre arrivée 🙂

C’est aussi à Siquijor que Florent a fêté ses 11 ans. Nous n’avions pas de cadeau à lui faire déballer mais les serveuses de notre hôtel, adorables, avaient préparé des gaufres spécialement pour lui au petit-déjeuner. Et surtout, le soir, nous avons traversé l’île en scooter pour aller lui chercher un vrai gâteau personnalisé, gâteau rapporté sur ce même scooter, périlleusement coincé entre nos jambes fébriles (mais finalement arrivé entier). Et là encore, toutes les serveuses se sont jointes à nous pour lui chanter “happy birthday” (et tant pis pour Florent qui aurait préféré ne pas trop s’afficher 🙂 )

On a aussi eu de la chance d’être à Siquijor un jour de grande fête. Tous les philippins croisés dans la journée nous l’avaient bien dit et redit avec une certaine excitation dans la voix: “ce soir c’est la fête et c’est nourriture gratuite pour qui veut !”. Les gens ouvrent en grand leurs maisons et invitent tous ceux qui passent à manger chez eux. En tant que touristes, c’est vrai que nous ne nous sentions pas spécialement concernés par cette perspective de repas gratuit. Mais alors que nous ne faisions que passer dans la rue, voilà que nous nous faisons alpaguer par une accorte maîtresse de maison. Elle nous invite et on sent tout de suite que comme celles de Vito Corleone, il s’agit d’une de ces propositions qu’on ne peut pas refuser. On nous pousse à l’intérieur de la pièce principale, ouverte sur la rue: nous y découvrons un énorme buffet avec du riz bien sûr, des légumes, mais surtout beaucoup de viande (clairement, les Philippines, ce n’est pas le pays des végétariens). Et surtout, trônant fièrement au milieu de la table, un “luchon”, ce cochon entier cuit à la broche, à la peau croustillante et à la viande incroyablement juteuse. C’est vraiment délicieux et les invités ne s’y trompent pas, ils se jettent dessus! On voit même un policier tendre son bras au-dessus de la mêlée pour qu’on lui remplisse une boîte en plastique. La maîtresse de maison gère parfaitement son petit monde et ne cesse d’accueillir de nouvelles personnes. Elle se met même au bord de la route pour arrêter les motos qui passent d’un geste de la main. Visiblement, plus on est nombreux, mieux c’est ! Comme si nous avions encore faim, on vient nous servir en plus une très bonne soupe avec des morceaux de bœuf et même des bouteilles de Coca. Tout est prévu ! Il y a même un gâteau pour le dessert car c’est en plus l’anniversaire d’Annie, la grand-mère de 88 ans, qui nous incite elle aussi à nous remplir la panse (ce qui est fait depuis bien longtemps). En tout cas c’est complètement incroyable d’inviter autant de monde chez soi. Et c’est pareil dans toutes les maisons de la rue !

Comme si Siquijor ne se suffisait pas à elle-même, nous avons aussi fait une excursion à la journée vers la toute petite île d’Apo, située à une heure de bateau de l’île principale.

Si nous avons fait cet effort, c’est parce qu’on nous avait glissé à l’oreille qu’il s’agissait d’un lieu où voir à coup sûr de nombreuses et énormes tortues vertes. On ne nous avait pas menti : les tortues étaient toutes au rendez-vous, par dizaines. Placides et pas effrayées pour un sou, nous avons pu les observer tout notre soûl. Les enfants ont tous pu s’en mettre plein les yeux. Et cerise sur le gâteau, nous n’étions que peu nombreux autour de chaque tortue, ce qui nous permet de penser qu’on ne les dérangeait pas trop.

Enfin la petite surprise du chef : les eaux d’Apo abritent un autre reptile que les tortues, le tricot rayé, un serpent marin capable d’onduler gracieusement au-dessus comme en dessous des coraux. Nous en avons croisé trois, dont un vraiment grand, bien plus d’un mètre de long. Les enfants étaient si peu effrayés que Yoann n’a même pas sourcillé quand l’un d’eux est remonté à la surface pour prendre sa respiration juste sous son nez. Ce n’est qu’après que nous avons appris qu’il s’agit d’un des serpents les plus venimeux au monde ! (même si, apparemment, ils ne mordent que très rarement, et seulement en cas de légitime défense).

Dernière étape du voyage aux Philippines: l’île de Bohol. On a failli ne pas l’inclure au programme (trop touristique peut-être) mais pas de Bohol, ça aurait été vraiment pas de chance ! (que celui qui ne l’avait pas vue venir lève le doigt !). Nous y sommes restés moins longtemps qu’à Siquijor mais elle ne manque pas de charme pour autant. LA grosse attraction de l’île, celle pour laquelle elle est particulièrement célèbre (en plus de ses fonds marins), ce sont les Chocolate Hills, nommées ainsi autant pour leur forme que pour la couleur brune qu’elles prennent à la saison sèche (mais pour le moment elles sont encore vertes). Il s’agit d’un ancien relief corallien remonté depuis le fond de la mer et joliment sculpté par l’érosion. Une sorte de mix entre les volcans d’Auvergne et les terrils du nord de la France, non ? En tout cas un paysage original et spectaculaire…

Et puis pour le fun, et surtout rien que pour embêter nos enfants qui ont le vertige, nous sommes allés faire du vélo au-dessus du vide (avec les collines en chocolat dans le fond, histoire d’avoir quelque chose à regarder au loin)

Autre célébrité de l’île: le tarsier. Ce primate nocturne (primate en effet, mais non, ce n’est pas un singe) est l’un des plus petits au monde (10 à 12 cm, taille adulte). Il est aussi en danger à cause de la destruction de son habitat. Nous sommes allés en voir un petit nombre, placés dans un lieu de conservation sur l’île: il y a quand même de quoi être attendri par un si grand regard, non ?

(Allez quelques fun facts sur le tarsier :

  • Ses yeux sont plus gros que son cerveau
  • Il ne peut pas bouger les yeux donc s’il veut voir une chose située sur le côté, il est contraint de tourner la tête.
  • Il peut sauter sur une distance de 40 fois sa taille (pour un être humain standard adulte, cela équivaudrait à un saut de 70m entre deux arbres…)

Le soir, dernière activité au calme et loin des foules, reparties sur la côte: du paddle (ou SUP pour les intimes) sur la rivière Loboc. A l’heure tardive à laquelle nous étions partis, il n’y avait plus personne sur les flots, plus de bateaux motorisés, juste nous qui nous baladions au milieux des palmiers dans une ambiance sereine, avec le soleil qui commençait à se coucher. Mais la sérénité, les garçons, ils s’en fichent. Ce qu’ils veulent, c’est se foutre à l’eau !

A peine avions-nous ramé 3 mètres que les deux olibrius de 13 et 11 ans se mettaient à gigoter dans tous les sens pour faire chavirer leur embarcation. Au final, on aura passé plus de temps dans la rivière qu’à glisser sur celle-ci. Mais c’était vraiment une ambiance sympa et notre jeune guide, plutôt que de nous presser, a préféré en rire avec nous. Au total, on y aura passé près de deux heures (au lieu d’une seule, payée au départ) en rentrant quasiment à la nuit tombée mais jamais le guide ne nous a dit quoi que ce soit. Il aura mérité son pourboire, lui !

Et puis, parce qu’on aime passer du temps dans l’eau, voici des images de notre tout dernier snorkeling aux Philippines (cette fois, c ‘est pour de vrai), mais qui valait diablement le coup. Nous avions appris un peu par hasard l’existence d’un « sardine run » à Bohol. On avait bien connaissance de l’existence d’un tel phénomène sur l’île de Cebu mais sur Bohol, c’était une vraie surprise. Du coup, ni une ni deux, nous avons sauté sur l’occasion et un tuk-tuk pour rejoindre Napaling Reef, lieu du sardine run de Bohol (enfin de Panglao pour être exact mais on ne va pas commencer maintenant à vous embrouiller).

Allez on se prépare !

Mais c’est quoi au juste ce « sardine run » ? Et bien c’est le rassemblement le long de la côte, pour une raison qui nous échappe, de millions de sardines. Et elles ne se contentent pas de traîner là un jour ou deux dans l’année, non, elles sont là tous les jours, pour le plus grand bonheur des carangues qui évoluent tout autour en bancs serrés. Un spectacle incroyable et certainement une première pour les deux parents. On a beau savoir que le comportement des bancs de poissons peut être parfaitement modélisé par ordinateur, on ne peut pas s’empêcher d’imaginer ces bancs de poissons ultra-denses comme une sorte de meta-organisme dirigé par une intelligence supérieure : la façon dont la masse de poissons s’ouvre et se referme devant les prédateurs est proprement stupéfiante .

Plongée sur le même site deux jours plus tard rien que pour le daron, alors que les autres préféraient faire la grasse mat’

Voilà c’est tout pour aujourd’hui et nous avons bien conscience que ça fait un sacré pavé à lire ! Ainsi se tourne la page des Philippines, et ce fut une très (très) belle découverte. Allez-y, courez-y, vous trouverez certainement votre villégiature de rêve encore désertée par les foules dans cet archipel aux milliers d’îles. Désormais en ce qui nous concerne, place à un court passage à Singapour avant d’aller défier l’ouest australien. A bientôt !


5 réponses à « Siquijor & Bohol »

  1. Avatar de Mamou
    Mamou

    Nous nous sommes précipités sur le large résumé de vos aventures. C’est incroyable les activités diverses que vous arrivez à trouver. J’espère que les enfants se rendent un peu compte de la chance qu’ils ont de les vivre dans ce magnifique pays dont, je le répète, je n’avais pas la moindre idée. Et les photos sous-marines sont d’une belle qualité. On profite bien de vos plongées. Florent se souviendra toute sa vie de cet anniversaire exceptionnel !!! 👍​🤩​😍​👏​🥰​

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  2. Avatar de lancien
    lancien

    Celui on l’attendait avec impatience, mais cela valait largement la peine d’attendre. Comme Mamou je suis stupéfié par la diversité des merveilles que recèle ce pays. Et je suis ravi que ces dernières expériences se soient déroulées plus en immersion chez les philippins que parmi les autres touristes. Pour les petits c’est une dimension supplémentaire précieuse du voyage que de découvrir comment vivent les gens ailleurs, et au vu de la fête à laquelle vous avez eu la chance de participer, les philippins savent vivre ensemble d’une façon qu’on peut leur envier.

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  3. Avatar de Côme
    Côme

    Côme souhaite un joyeux anniversaire à Florent et il trouve les photos magnifiques

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  4. Avatar de Couturier Nicole et Jacques
    Couturier Nicole et Jacques

    Jacques et Nicole Couturier

    Epoustouflant On a du mal à imaginer que cela existe.
    Vous avez une chance extraordinaire. Profitez-en au maximum. Félicitations pour les photos et les commentaires qui permettent aux pauvres citadins que nous sommes de partager
    vos magnifiques découvertes. Merci à vous. Bonne continuation.

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  5. Avatar de Anne Mondoloni
    Anne Mondoloni

    non mais vous vivez combien de vie en une…. C’est incroyable !!!! C’est génial de nous faire partager toutes vos excursions, tous les petits détails de partage des philippins !!! On s aperçoit aussi que Vincent est complètement frappadingue mais ça on le savait déjà hein !!!! Courage aux filles et aux deux loulous 😉 en tout cas vous avez des mines magnifiques et on voit tellement de bonheur dans tout ça !!!! Merci 😉

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