Lorsque nous avons planifié notre parcours il y a quelques mois, nous avions établi comme principe de base de passer au minimum 4 semaines dans chaque pays. Seulement voilà, un billet tour du monde, ce ne sont pas simplement des vols directs d’un pays à un autre. Il y a bien évidemment des correspondances. Et quand on passe du Sri Lanka aux Philippines, ou des Philippines à l’Australie, il y a fort à parier que la route croise à un moment ou à un autre le carrefour singapourien. Ce fut notre cas. Et comme toutes les règles sont faites pour êtres contournées, nous y avons passé deux jours (et demi).





Plusieurs choses nous ont frappés d’entrée en pénétrant dans celle qui est littéralement la Cité du Lion:
- Le « high tech » partout, tout le temps. Tous les bâtiments sont grands, modernes, équipés d’œuvres d’art interactives et surtout de véritables prouesses architecturales, à l’image du Marina Bay Sands (le fameux hôtel à trois tours qui portent une unique structure en forme de bateau). Après 3 mois de Kenya / Sri Lanka / Philippines, ça fait quand même un choc
- Le coût de la vie : bon ça ce n’était pas une surprise, mais comme pour le premier point, c’est le contraste avec les pays précédents qui est marquant
- La chaleur moite : tout vêtement sera trempé moins de 10 secondes après avoir quitté son abri climatisé
- La propreté générale : pas un papier qui traîne où que ce soit, pas une odeur d’urine dans le métro !
Nota : on se faisait d’ailleurs la réflexion que cette propreté n’avait rien d’évident quand on repense au fait que la population du pays est principalement originaire de trois pays, l’Inde, la Chine et la Malaisie, qui ne sont pas spécialement connus pour cette qualité 😉 - La présence de la verdure : cela peut semble étonnant dans cet univers très bétonné mais Singapour fait un réel effort pour se verdir. que ce soit au travers des grandes réalisations comme les futuristes Gardens by the Bay ou par de plus petits efforts comme le fait que chaque immeuble présente des terrasses fleuries







Même si les lieux étaient déjà habités auparavant, la ville telle qu’on la connait aujourd’hui est extrêmement récente. Elle fut fondée en 1819 par Sir Thomas Raffles, qui n’était certainement pas la moitié d’un visionnaire pour réussir à deviner, au-delà de ces rivages envahis par la jungle et le palu, une ville qui allait devenir le « nombril du monde ». Ça méritait bien de donner son nom à l’un des hôtels les plus luxueux du monde, hors de portée de notre bourse, même pour un « high tea » l’après-midi (celui de Nuwara Eliya au Sri Lanka restera donc unique). De ce passé so british reste un quartier colonial aux bâtiments classiques très bien conservés et une pelouse en plein centre-ville où des héros perpétuent la tradition en jouant au cricket en tenue blanche immaculée sous une température ressentie supérieure à 40°C.






Autre héritage de Mr Raffles : les différentes communautés sont encore installées à peu près à l’endroit où ils les avaient placées sur le plan urbain initial. C’est ainsi que les musulmans se trouvent aujourd’hui autour de Arab Street. Pratique non ? (oui bon, musulmans, arabes, des esprits chagrins diront que ce n’est pas la même chose, mais rooh, vous chipotez là !)





Non loin de là, c’est Bollywood à Singapour, bienvenue dans le quartier de Little India. Dès qu’on s’avance dans les petites ruelles du quartier, on se retrouve tout de suite dans le sous-continent ! Pas tellement pour l’architecture (des shophouses colorées datant de l’époque coloniale) mais plutôt pour l’ambiance : il y a du monde partout, c’est un peu moins bien rangé qu’ailleurs dans la ville, ça sent la cuisine indienne, les mecs dodelinent de la tête et on diffuse des chorégraphies d’acteurs moustachus à chaque échoppe (oui, les clichés sont autorisés).






On en a profité pour faire couper les cheveux de Florent – qui en avait vraiment besoin – au Barber de Madras. Pour un prix très modique, il sera pris tout de suite et l’affaire sera pliée en quelques minutes.

On en vient au plus intéressant : un temple hindou d’importance, le Sri Veeramakaliamman. D’extérieur, on aurait tout à fait dit qu’il s’agissait d’un temple du sud de l’Inde, avec son gopuram du même type que ceux vus au Sri Lanka. Et pour une fois, nous avons eu le droit d’y pénétrer alors qu’une cérémonie était en cours. Les fidèles se massaient près de trois portes autour desquelles des hommes saints s’affairaient, torses nus. De temps un temps un rideau s’entrouvrait, laissant aux pèlerins la brève possibilité d’admirer les statues cachées derrière. Tout du long, des musiciens jouaient à fond (tablas et grand instrument à vent type bombarde). C’était animé, vivant, coloré, bruyant, bref bigrement intéressant !






Changement de décor : après la jungle urbaine, la jungle tout court. Les jardins botaniques de Singapour sont si exceptionnels qu’ils ont été classés à l’UNESCO (et ils contiennent vraiment un reliquat de la forêt primaire). Par contre, difficile d’en profiter pleinement avec la chaleur accablante qui nous empêchait de faire plus de 50m sans vider une demi-bouteille d’eau. Nous avons réussi à nous traîner jusqu’au jardin des orchidées et cela valait vraiment le coup. Comme le faisait remarquer Audrey, c’est la première fois que l’on voyait des orchidées pousser en pleine terre ET en plein air (et non sous des serres). Ce qui en dit long sur les températures ressenties : la seule serre qu’on voit c’est sur les photos, c’est une serre « à l’envers » pour refroidir l’air ! Allez on commence un nouvel exercice : après les photos de poissons, les photos de fleur !








Encore des jardins mais rien à voir : les Gardens by the Bay. La rencontre entre le meilleur de la technologie et de la nature. Enfin on l’espère. L’ensemble semble bien conçu, au moins sur le papier, et on fait confiance aux singapouriens pour que ça marche (au niveau esthétique c’est déjà une réussite selon nous). Les grandes structures envahies par les plantes grimpantes que l’on voit sur les photos, hautes de plus de 50m pour les plus grandes, sont nommées les super trees. Ce sont en fait les structures de refroidissement de l’usine de méthanisation installée en dessous, et qui fonctionne avec les déchets du parc. Le soir, romantique spectacle son et lumière sur fond de musique classique, tout s’illumine avec l’énergie récupérée dans la journée grâce aux panneaux solaires.







Encore un bâtiment à la démesure de Singapour, situés dans ces mêmes jardins : le Cloud Forest Dome reproduit un biotope entier, avec cascades et brouillard artificiel. Là aussi, son énergie est censée venir entièrement de l’usine de méthanisation. On le dit sans militantisme aucun, mais l’idée est plaisante et le résultat est tout simplement époustouflant.




Mais parce que finalement, rien ne vaut les plaisirs simples par temps chaud, ce qui restera vraiment dans la mémoire de nos enfants de tout le séjour à Singapour, ce seront peut-être tous les instants passés à courir sous les jeux d’eau (en tout cas Estelle s’est éclatée comme une folle).



Au final, une visite intense, peut-être un poil trop courte, parce que la ville est immense et variée, et qu’elle mérite plus que les deux jours que nous lui avions accordés. Singapour fait partie de ces villes immédiatement sympas, plaisantes, faciles à vivre, qu’on aime facilement et qui pourrait donner envie d’y revenir… sans enfants car il y a l’air d’avoir de sacrés bars pour occuper ses soirées ! Allez, let’s go to Australia !

