Nous nous étions déjà rendus en Australie auparavant. Enfin « nous », ce sont les parents. Et « auparavant », c’était il y a 15 ans alors que nous n’avions pas encore d’enfants. Et à vrai dire, ce n’était pas la même Australie. Car l’est et l’ouest du pays sont séparés par 3000 kilomètres à vol d’oiseau, 58 heures de route et 3 fuseaux horaires. Donc, entre Sydney et Perth, il y a plus de distance qu’entre Paris et Moscou. Bref autant dire qu’en atterrissant à Perth, à l’extrême sud-ouest du pays, nous mettions les pieds dans une contrée jamais explorée par nos soins.

Perth est une ville très récente : fondée en 1829 seulement. Elle détient le record de la ville de plus d’un million d’habitants la plus isolée au monde: la première ville du même type est à 2000 km (Adélaïde). Et elle est même plus proche de Jakarta que de sa propre capitale. Il y règne par conséquent une ambiance assez étonnante : c’est à la fois une très grosse ville (2 millions d’habitants, c’est quand même plus qu’à Barcelone, si on veut se faire une idée) mais très « relax », comme si toutes les afflictions du monde ne pouvaient pas l’atteindre. C’est certainement facilité par la présence de plages superbes, par le climat méditerranéen et par la mentalité des « aussies » : ici, on est détendu avant toute chose. Et souriant aussi.



Après les aventures aux Philippines et les trépidations de Singapour, nous avions besoin de nous poser un peu. De dormir aussi. Nous avons donc passé 4 jours sur place, à glander un peu et à visiter les environs en utilisant les transports en commun (et en particulier le TransPerth, les transports que rien n’arrête 🙂 ). Un « temps calme » qui nous a fait du bien. Mais alors qu’est-ce qu’il y à voir dans le coin ? Une première journée au zoo de Perth, spécialisé dans la sauvegarde d’espèces en danger (et particulièrement des espèces australiennes). On vous épargne les photos de la visite, mais ça faisait du bien aux enfant de faire une sortie « classique ». Et on en a profité pour faire connaissance avec la ville, ses gratte-ciel, ses quais rénovés et ses quelques bâtiments datant de la période anglaise, bien insérés dans le tissu urbain.









Le lendemain, excursion dans la banlieue proche, vers la petite ville portuaire de Fremantle, connue pour plusieurs raisons :
- C’est le nom de la boîte qui produit Questions Pour Un Champion. On ne voit pas le rapport mais ça rappelle des souvenirs à Vincent.
- C’est le lieu d’une des plus grandes fiertés sportives australiennes de tous les temps : la défense du titre en America’s Cup après 132 ans de domination américaine (c’est de la voile, pour les allergiques au sport).
- C’est encore la ville d’adoption de Bon Scott, le premier chanteur d’ACDC.
- Mais c’est surtout le lieu d’arrivée de tous les colons de ce bout du monde. Et parmi ceux-ci, beaucoup de bagnards envoyés de force dans cette terre désolée et qui posaient ici le pied après 6 mois de voyage qu’on imagine facilement éprouvant.
Il faut en effet se souvenir qu’une bonne partie de ce pays a été construite par les dizaines de milliers de bagnards qui y ont été expédiés (parfois pour des motifs aussi bénins qu’un vol de nourriture), travaillant sans repos dans des conditions terribles. De ce passé sombre reste aujourd’hui la prison de Fremantle, un des premiers bâtiments construits dans la ville par les bagnards et… pour les bagnards ! Et c’est par ce lieu chargé d’histoire que nous avons commencé notre visite. Ce qui a nous a choqué, outre l’exiguïté des cellules et les conditions d’hygiène déplorables (pas d’évacuation des eaux usées, merci la puanteur) c’est que la prison a été en service jusqu’en 1991 ! On était nés ! Ça nous semble complètement fou…





La ville elle-même est très plaisante, avec son architecture british, ses vérandas et ses colonettes. On est en bord de mer, il fait bon en cet automne austral, les parcs sont calmes… Si c ‘était possible, on dirait que c’est encore plus cool que ne l’est Perth.







Et en plus ils ont masse de brasseries artisanales: il fallait absolument tester ! (la Pale Ale tout à droite sur la photo est la préférée de Vincent, la Lager à gauche celle d’Audrey, goûts diamétralement opposés)

Le jour suivant fut consacré à l’un des joyaux du coin : Rottnest Island. Une petite île sans voiture, à parcourir en vélo pour profiter de ses plages magnifiques, de son eau translucide, de ses paysages doux et ondulés, de ses lacs salés, de son climat plus qu’agréable et de sa faune unique.



Un petit côté île de Ré (en vraiment mieux !) avec des quokkas en plus.








Les quokkas donc, ces marsupiaux stars de l’île et qui sont même à l’origine de son nom (Rottnest, c’est le nid de rats, selon le découvreur néerlandais des lieux qui les avait pris pour des rongeurs, ce qui peut s’entendre en considérant leur queue sans poil).




Les règles sont strictes : on ne les nourrit pas, on ne les touche pas ! Sauf que ces bestioles ont deux défauts. En plus d’être indéniablement trop mignonnes, elles n’ont absolument pas peur de l’homme. A peine s’était on installé à l’ombre pour prendre notre pique-nique qu’un premier petit visiteur est venu nous voir. D’abord timide, il s’est vite enhardi et a fini carrément par grimper sur nos jambes. Difficile dans ces conditions de respecter les distances minimales (mais par contre on a tenu bon, on ne lui a rien donné à manger. Et pourtant dieu sait qu’il est difficile de résister à cette petite bouille ronde et ce poil soyeux…)


Le premier quokka fut finalement rejoint par un deuxième, puis par un troisième.




Il y en a même qui se promènent sur la plage !


Même la faune sous-marine n’est pas en reste. Enfin bon, gardons le sens de la mesure : ça n’a RIEN à voir avec ce qu’on a vu aux Philippines. Mais le snorkeling est sympa, ne serait-ce que pour les paysages sous-marins : des petites falaises, des canyons, des grottes… Le tout magnifié par une eau incroyablement transparente et une excellente visibilité. Mais, cerise sur le gâteau, nous avons pu y voir des éléments qui nous avaient échappés ailleurs. Outre les bancs de carnassiers qui tournoyaient dans les environs, nous y avons croisé notre première langouste (en snorkeling). Et juste après, notre première pieuvre (en snorkeling aussi) ! Du coup nous avons pu partager ça avec les enfants qui étaient totalement ravis.







Avec la petite bière appropriée pour finir la journée en beauté !

Demain, nous récupérons le pick-up 4×4 avec tentes sur le toit (oui avec un « s » car il y aura vraiment deux tentes !) qui doit nous permettre de rejoindre Darwin, très loin au nord-est d’ici, dans un peu plus de 5 semaines. C’est l’aventure qui nous ouvre les bras, avec le grand rien devant nous. On ne sait pas du tout ce qui nous attend mais les gens qui y sont déjà passé disent que c’est extraordinaire. On vous dira si on a eu raison de les croire. Rendez-vous au prochain lieu équipé d’une bonne connexion !

