Ça y est c’est parti ! Nous avons pris possession de notre 4×4 et pouvons donc envisager d’aller explorer cette contrée si vaste et si vide. Pour rappel, on dispose d’un véhicule avec deux tentes sur le toit et d’une grande « caisse » à l’arrière permettant de ranger nos sacs, nos réserves de provision et un peu de matériel (couverts, table, chaises, etc.). Bon, dans les faits, nous sommes déjà passés plusieurs fois dans les magasins du coin afin de compléter l’équipement un peu sommaire fourni avec le véhicule : des lampes, un matelas, etc. Le système de tente est plutôt facile à monter et à démonter et, dans un mois, on sera parfaitement réglés pour lever le camp en moins d’une heure ! Allez c’est parti for the long way to Darwin !

Notre fidèle (enfin on l’espère) destrier
Et où est-ce que nous passé la toute première nuit car tous les campings étaient archi-pleins à cause du week-end de Pâques ? Devant ce panneau !

Et pour bien lancer sa journée comme son road-trip australien, existe-t-il chose plus agréable que d’aller voir des koalas ? Ce fut d’ailleurs la principale raison de notre passage au parc de Yanchep. Précisons toutefois que les koalas ont disparus à l’état sauvage en Australie Occidentale: ceux qu’on y voit aujourd’hui sont le fruit d’un processus de réintroduction et ne vivent pour le moment qu’en semi-liberté. En espérant mieux plus tard…

L’étape suivante est la petite communauté (à ce stade, on ne peut guère parler de ville) de Lancelin. Les surfers et kiters y viennent nombreux pour trouver vagues et vents réguliers. Nous n’étions venus pour notre part que pour faire les andouilles dans les dunes de sable blanc (si blanc qu’il en est éblouissant). Un sandboard, un peu de wax, une dune bien penchée et hop c’est parti ! (parti pas longtemps car ça finit FORCEMENT en gamelle à la fin).

En remontant vers le nord, arrêt obligatoire dans la ville de Cervantes (nom évocateur… et oui, il y a une girouette avec un immense Don Quichotte à l’entrée de la ville, qui est donc bien nommée d’après l’auteur) pour aller visiter les fameux « Pinnacles ». Ces concrétions font la célébrité du parc national de Nambung; il faut dire qu’elles sont très spectaculaires. Sur un fond de sable jaune orangé se détachent en effet des milliers de colonnes de pierre grise, résidus d’une ancienne mer corallienne, parfois hautes de plus de 3m, posées en une forêt pétrifiée.

La couleur du sable jaune contraste profondément avec le bleu du ciel sans nuage. Le lieu serait parfait pour une partie de cache-cache: les piliers forment un véritable labyrinthe. En marchant rien qu’un peu à travers ces aiguilles effilées, on arrive rapidement à se retrouver complètement seul pour profiter de l’ambiance sauvage et presque mystique (mais le mysticisme ne dure qu’un temps car le soleil tape comme un sourd et qu’on est heureux de retrouver le confort d’un abri à l’ombre).

Le soir, après la visite dans les Pinnacles et un petit tour dans la piscine du camping, nous sommes ressortis vers une plage complètement déserte où il semblait possible de voir quelques kangourous (indice, ça s’appelait « Kangaroo Point » !). Nous avons été récompensés : 4 d’entre eux broutaient tranquillement sur le sable, à 10m de l’eau. Méfiants juste ce qu’il faut, il nous ont laissé les approcher et les admirer d’un peu plus près. Ce sont nos premiers kangourous, on est à peu près sûr qu’on en verra d’autres, plein même, mais ceux-là, découverts devant un soleil couchant mettant le feu à l’océan Indien, resteront dans notre mémoire.

Nous avons pris l’habitude dans ce voyage de mettre en avant les animaux les plus rapides (guépards), les plus dangereux (hippos), les plus lourds (éléphants) voire les plus mignons (quokkas). Alors on peut bien prendre quelques lignes pour vous parler d’une des plus anciennes formes de vie sur terre : les cyanobactéries. Dit comme ça, c’est sûr que ça n’envoie pas vraiment du rêve. Car en plus, les bactéries en question, on ne peut guère les voir à l’œil nu, cela va de soi. Par contre on repère facilement les structures qu’elles laissent derrière elles : ce qu’on appelle les stromatolithes. Oui, ce sont bien les petits tas, là, sur les photos. Mais c’est quoi exactement ce truc ? Et bien ce sont des colonies de bactéries qui utilisent le CO2 dans l’air pour fixer du calcium et générer de l’oxygène. En fait, on est à peu près certain que ce sont ces mêmes bactéries qui, avant l’apparition de toute plante, ont fait passer le taux d’oxygène de notre air de moins de 1% à plus de 20% aujourd’hui. Elles sont donc directement responsables du développement des formes de vie évoluées qu’on connaît aujourd’hui, et donc de notre propre existence. Paradoxalement, cela a causé leur quasi perte, les nouveaux prédateurs carburant à l’oxygène détruisant toutes les colonies. Sauf en quelques endroits rares et protégés : comme ce lac Thetis en Australie Occidentale. Regarder ces derniers survivants des premières heures de la vie, dont les premiers fossiles remontent à 3,4 milliards d’années (!), on vous assure que c’est un petit peu émouvant

Après les koalas et les kangourous (et les bactéries !), c’est le moment d’enquiller une première grosse journée de route afin de rejoindre le parc national de Kalbarri. Plus de 5h de route et pourtant ici, c’est une paille ! D’ailleurs ça se fait très bien. Pour une raison inconnue, on ne ressent cette fatigue propre aux voyages de même durée en France. Peut-être grâce aux paysages aussi grandioses que vides ? En 5h de trajet, nous avons croisé exactement 6 villes. Et la densité devrait aller en décroissant au fur et à mesure que nous allons vers le nord… Et puis, nous n’avons pas tout fait d’un seul trait: juste avant que le soleil ne se couche, nous avons coupé le moteur et dégourdi nos jambes au Hutt Lagoon, communément appelé Pink Lake: on vous laisse découvrir pourquoi.

De lac, il n’y en a d’ailleurs quasiment pas (ou en tout cas pas dans la zone où nous étions). La plus grande partie de la surface est recouverte d’une épaisse couche de sel sur laquelle repose un léger film d’eau. Le soleil s’y reflète comme sur un miroir. Et la couleur rose alors ? Elle est due à la présence d’une algue qui relâche de la carotène !

Un classique… mais qu’il faudrait un peu mieux travailler 🙂

Et entre deux visites et une journée de route, on bosse ! On vous embrasse !


4 réponses à « En route ! »

  1. Avatar de Antoine de Belgique
    Antoine de Belgique

    super content de vous lire…

    tu es un peu mon Nicolas Hulot 😀

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  2. Avatar de lancien
    lancien

    C’est passionnant cette histoire de cyanobactéries qui nous rappellent que sans elles nous ne serions pas là.

    Merci de nous cultiver en plus de nous faire voyager !

    Dans la série animaux remarquables j’aurai bien passé commande du wombat et de ses crottes cubiques, mais il semble hélas qu’il ne se trouve pas en Australie de l’ouest.

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  3. Avatar de Mamou
    Mamou

    On entre dans un monde très différent de ce que vous nous avez fait découvrir jusque là, même la mer semble n’est pas pareil. Vous êtes au début de votre voyage et vous avez déjà vu des paysages très différents. J’ai l’impression que vous allez « manger du désert » assez souvent. Super les tentes sur le toit : les enfants apprécient-ils ? est-ce qu’elles peuvent communiquer ? Ça va être sûrement spartiate 😁​😍​

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  4. Avatar de Anne Mondoloni
    Anne Mondoloni

    j’espère que le 4×4 est confortable alors vu la quantité d heures que vous passez dedans /dessus 😉

    sublimes photos des kangourous au coucher du soleil ☀️

    et je suis épatée que vos enfants arrivent à bosser c’est ouf j’ai déjà du mal avec les miens en France alors en vadrouille c’est archi dead

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