Oh, un article avec pas mal de photos aujourd’hui ! (et même une photo de dauphin pour illustrer celle qu’on appelle la baie des requins, bravo !)

La faute à la météo. Nous sommes arrivés hier soir à Exmouth, et on peut dire que nous avons parfaitement choisi notre destination. De toutes les villes de la côte ouest, nous avons choisi la seule et unique à se trouver sur la route du cyclone Olga, heureusement dans sa phase déclinante. Donc non seulement nous avons vu de la pluie pour la première fois depuis notre atterrissage sur le sol australien, mais en plus nous avons passé une nuit qu’il n’est pas interdit de qualifier de mouvementée. Clairement, nos tentes ne sont pas conçues pour résister à la fois aux rafales de vent et à la pluie : tout était inondé et nous avons dormi dans 2cm d’eau. Il faut dire que les circonstance étaient exceptionnelles : au matin nous avons découvert qu’un lac s’était formé à côté de notre emplacement. Les australiens, jamais les derniers à se mettre à l’eau par tous les moyens possibles, avaient déjà mis des canoës dessus…

Ne jamais sortir sans son canoë sous le bras…

Du coup, on ne fait rien aujourd’hui. De toute façon, il faut tenter de faire sécher nos sacs de couchage, nos habits et nos matelas. Et toutes les activités aux alentours sont au point mort. Conséquence : les enfants font leurs devoirs, les adultes répondent aux emails ou… s’occupent du blog.

Nous allons donc vous parler de notre passage dans la Baie Shark, dans laquelle nous avons passé 3 jours entiers. Cette baie, de par sa topographie bien particulière (très peu profonde), est une extraordinaire réserve de vie marine. Elle abrite le plus grand herbier marin au monde, et par conséquent une des plus grosses populations de dugongs (qui broutent le dit herbier). Mais ce n’est pas tout: suivant les saisons on peut y croiser des dauphins, des raies manta, des tortues et plein d’autres animaux. Et pour ne rien gâcher, les paysages sont assez extraordinaires. Enfin, on vous laissera en juger.

Spoiler alert : c’est pas vilain !

Première nuit dans le petit resort côtier de Monkey Mia (à part un grand camping, il n’y a rien d’autre). Autant à Kalbarri, le camping était envahi de kangourous dès la nuit tombée, autant à Monkey Mia, ce sont les émeus qui font la loi (sans que ça n’émeuve personne).

Contrairement aux kangourous, c’est dès le jour levé qu’ils partent à la chasse aux provisions des touristes. Pas impressionnés pour un sou par les humains (c’est plutôt l’inverse en fait), il n’hésitent pas à fouiller dans les coffres et tiroirs mal fermés. Et si par distraction on tourne la tête ailleurs plus d’une seconde, paf, on se retrouve nez à nez avec un oiseau de plus d’1m de haut.

Monkey Mia, c’est avant tout LE lieu pour rencontrer des dauphins. En effet les cétacés ont pris l’habitude de venir se promener en bord de plage, complètement à l’aise avec la présence des humains. Interdiction d’aller dans l’eau pour les approcher, mais on les voit déjà très bien comme ça.

Et quand on dit juste au bord de la plage, ce n’est pas une exagération…

Il paraît que c’est toujours la même famille qui revient, de génération en génération, et qu’on peut en reconnaître les membres grâce aux différentes cicatrices sur les nageoires (il y a même l’arbre généalogique au visitor center). Nous on s’en fiche un peu, on admire juste le spectacle.

Une mère et son petit (c’est trop choupinou dirait Estelle !)
Une tortue qui provoque une zone d’exclusion au milieu des petits poissons

Comme voir les dauphins de près sur la plage ne nous suffisait pas, nous avons aussi embarqué sur un catamaran pour aller les voir en mer. Eux et surtout leurs très lointains cousin les dugongs (un dugong, c’est un peu semblable à un lamantin pour ceux qui ne voient pas à quoi ça ressemble)(et si vous ne voyez pas non plus ce qu’est un lamantin, ben tant pis pour vous).

Et alors on en a vu des dugongs ? La réponse est oui mais… de loin (de toute façon, il est interdit de trop les approcher). On a pu observer plusieurs fois une mère et son petit reprendre leur souffle à une vingtaine de mètres du bateau mais nous sommes conscients que ça ne rend pas vraiment en photo 🙂

Il va falloir nous croire sur parole : ça c’est un dos de dugong en train de reprendre sa respiration !

Sur le chemin du retour vers Monkey Mia, cadeau bonus et spa au sel de mer gratuit, à l’arrière du bateau !

La Baie Shark, c’est aussi une grande péninsule occupée par le parc national François Peron (oui ça fait français comme nom, et c’est bien normal, des français étant passés dans le coin en exploration). Ce parc fait peur à tous les loueurs de voitures qui interdisent formellement d’y mettre les roues (mais nous, on avait le droit). La raison ? Les routes ne sont en fait que des pistes de sable, et le risque de s’ensabler est loin d’être nul.

Avant de rouler sur le sable, étape indispensable, même en 4×4 : on dégonfle les pneus.
Et ensuite, c’est parti vers le grand rien !

Alors on a pris toutes les précautions d’usage, on a conduit a priori comme il fallait, on a essayé d’éviter les gros tas de sable les plus mous mais ça n’a pas loupé : on s’est ensablé. Sur le coup, nous n’avons pas pensé à prendre de photos parce que bon, la priorité était plutôt de s’en sortir. Mais après coup, on se dit que c’était une chouette expérience. Et surtout quelle bonne idée d’avoir acheté une pelle le matin même ! Sans elle, on y serait peut-être encore (il ne faut pas trop compter sur les secours. On te dit à l’entrée que si ça va mal, tu restes dans ta voiture et tu attends, charge à toi d’avoir assez d’eau potable pour ne pas mourir de soif).

La star du jour !

Mais ces petites péripéties valaient le coup, ne serait-ce que pour rejoindre notre campement placé au bord d’une baie complètement isolée. Pas de lumières le soir, le ciel étoilé était incroyable (c’était la première fois de notre vie qu’on voyait à l’œil nu une autre galaxie que la nôtre – le nuage de Magellan en l’occurrence).

Notre campement pour la nuit, perdu au milieu de rien…

Et la plage en question, avec juste nous, nous et nous… Et la terre rouge qui vient se mêler au sable couleur crème.

Nous avons passé deux jours à explorer le parc dans tous ses recoins, passant d’un lagon immense à des falaises majestueuses.

Le Big Lagoon, vaste et grandiose

En plein milieu du désert, nous nous sommes arrêtés dans une ancienne ferme de moutons, encore conservée en place. Grâce à un puits artésien d’où sortait une eau à 40°C, on y trouvait un spa plutôt inattendu en ces lieux inhospitaliers. En sortant de l’eau, même l’air du désert semblait frais.

Petite ambiance Bagdad Café dans l’ancienne « station » d’élevage.

Ce qui frappe l’esprit à François Peron, c’est le contraste entre les couleurs : le bleu vif du ciel, le bleu turquoise de la mer, le rouge orangé des terres, et le blanc du sable. Il n’y a pas un endroit qui ne soit pas pittoresque, au sens le plus littéral du terme.

L’eau est tellement translucide que depuis le haut des falaises… on voit distinctement les requins se balader au fond !

Pour pleins de raisons qu’il serait fastidieux d’exposer ici, une partie de la baie est également deux fois plus salée que la normale. Toutes les espèces marines ne peuvent que mourir ou s’exiler d’un tel milieu. Toutes ? Non ! Un petit coquillage fait de la résistance et est le seul à occuper cette niche écologique. Il se reproduit par millions, produisant de petites coquilles qui viennent ensuite s’échouer sur la plage pour donner… Shell Beach, la plage faite uniquement de coquillages !

Oui des millions de coquillages… ou des milliards peut-être 🙂

Et grâce à cette eau à la salinité hors norme, on flotte sans effort, pas besoin d’aller visiter la Mer Morte !

Allez on croise les doigts pour que la nuit prochaine soit meilleure que la précédente (ça en prend le chemin) et on vous dit à bientôt pour vous parler de LA principale raison de notre venue en ces lieux.


3 réponses à « Ba(b)y Shark, tu tu tu-lu-lu ! »

  1. Avatar de lancien
    lancien

    Superbe. C’est l’idée que l’on se fait de ce que pouvait être notre planète à l’aube de l’humanité. Souhaitons que ce coin de désert le reste éternellement et que cette faune marine fascinante puisse continuer à y vivre en paix.

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  2. Avatar de Mamou
    Mamou

    Encore de magnifiques couleurs, les contrastes sont aveuglants. Pour l’étanchéité de vos tentes j’espère que leur matériel est plus sérieux dans les régions pluvieuses !
    On est suspendu à la devinette concernant votre projet secret, partagés entre inquiétude (pourvu que ce ne soit pas dangereux) et hâte de savoir 🥰🥰🥰🥰🥰

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  3. Avatar de Chicouf
    Chicouf

    Un grand merci pour nous faire voyager dans le parc François Peron, où il nous a été interdit d’y entrer en camping car.

    On comprend très bien qu’avec même un 4/4 qui s’ensable, les Australiens préfèrent refuser aux touristes inconscients d’y pénétrer, de peur d’avoir à intervenir et les secourir. Pourtant ce parc nous tenait à cœur. Grâce à vous, nous profitons de ces paysages contrastés, aux merveilles couleurs.

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