Voilà. C’est fait. Nous sortons de trois jours passés sur la Ningaloo Coast et c’était franchement formidable. Alors oui, on vous abreuve de superlatifs, on vous inonde d’adjectifs comme magnifique, merveilleux ou même incroyable. Mais s’il fallait n’en choisir qu’un pour caractériser la journée de dimanche dernier, c’est tout simplement « inoubliable ».
Mais reprenons les choses dans l’ordre. On vous avait laissé au sortir de 3 jours dans la baie Shark. Un superbe (déjà !) site UNESCO qu’on avait quitté pour en rejoindre un autre : la côte de Ningaloo. Située sur la péninsule du Cap Nord Ouest (oui, le cap s’appelle vraiment comme ça, au moins on sait où le situer sur la carte), la côte de Ningaloo a été classée par la vénérable institution parce qu’elle abrite une barrière de corail longue de plus de 200km qui, contrairement à l’autre – la fameuse se trouvant dans le Queensland, pile de l’autre côté du pays – ne se situe qu’à quelques mètres du rivage. Ce qui la rend éminemment propice au snorkeling d’une part, mais n’empêche pas pour autant la méga faune marine de venir s’y ébattre. C’est ainsi qu’on peut y croiser, au gré des saisons, des baleines, des tortues, des raies mantas, des dauphins et des requins-baleines (tiens tiens…)
Par ailleurs, la péninsule ne vaut pas que pour sa vie sous-marine : elle abrite une petite chaîne de collines (ce serait présomptueux de dire « montagnes ») entrecoupées par des vallées profondes que ne renieraient pas les canyons de l’Arizona.

Ça faisait bien trop longtemps qu’on n’avait pas enfilé des chaussures (on passe notre vie en tongs) ni fait une petite rando, ça manquait ! (non en vrai ça manquait seulement au père). Du coup, hop, 2h30 de marche dans le bush et sous le soleil pour aller découvrir un autre canyon. Avec 7 litres d’eau sur le dos car des gens sont morts ici de la chaleur… Mais franchement, ça valait totalement l’effort à fournir quand, après une heure à zigzaguer entre les buissons épineux, on arrive en fin sur le promontoire au dessus du Shothole Canyon.






Ensuite, nuit dans le parc national, au bout du bout de ce qui était atteignable en voiture. Un endroit magique au bord de la plage et d’un petit ruisseau, le Yardie Creek.

Le petit ruisseau en question doit parfois avoir une vie sacrément mouvementée car lui aussi avait creusé de sacrées gorges. Gorges dont les parois semblaient en feu sous les rayons du soleil couchant. Pas un bruit, quasiment personne, moment magique !

D’autant que les lieux abritent quelques spécimens de wallabys des rochers à flancs noirs. On avait cherché à les voir toute la journée (le paysage s’y prêtait bien, entre falaises et trous rocheux pour s’abriter) et ce n’est qu’au crépuscule qu’on a enfin pu les observer à notre guise, pour le plus grand plaisir de Florent.




Entre les couleurs vibrantes et chaudes de la roche d’un côté et les marsupiaux de l’autre, chacun choisira son camp…




Le lendemain, nous sommes revenus vers la civilisation en nous arrêtant sur plusieurs plages, toutes plus cristallines et turquoises les unes que les autres. Et permettant en outre d’aller admirer coraux et animaux marins. On y a croisé différentes raies (mais pas de mantas) des requins (des petits à pointe noire, rien de dangereux) un énorme mérou planqué sous les rochers et des tortues. Et là c’était la fête; car si on a revu une tortue verte, déjà rencontrée moult fois aux Philippines, on a aussi croisé la route pour la première fois de notre vie d’une tortue imbriquée, beaucoup plus rare !







Oui, les photos juste en dessous de ce paragraphe sont bien trop belles pour avoir été prises par nous, mais elle rendent parfaitement compte de ce qu’on observait sous l’eau. De toute façon on a paumé le petit appareil photo sous-marin qu’on utilisait aux Philippines. Ces photos-ci ont donc été prises par quelqu’un de bien mieux équipé que nous pendant… l’activité dont on parle juste en dessous.


Car oui, pas la peine de vous faire languir plus longtemps : si vous avez cliqué sur la miniature de cet article, vous savez déjà qu’on va parler ici des requins-baleines. Oui, nous sommes en pleine saison du whaleshark, ça tombait drôlement bien (pour les baleines elle-mêmes, il faudra repasser par contre).
Les parents avaient déjà eu la chance de croiser la route du plus gros poisson du monde aux Seychelles, il y a de cela 11 ans (Audrey était enceinte de Florent à l’époque !). Ça datait donc un peu, et puis à l’époque, on n’avait vu qu’un requin, et de plutôt loin. On avait donc très envie de remettre ça, surtout si on pouvait le partager avec nos enfants. Bon il a fallu hypothéquer un rein (ou tous les gains d’un jeu TV) pour pouvoir se payer le trip, mais ça valait chaque centime dépensé.


D’abord équipés d’une tenue très seyante ayant le double avantage de tenir chaud et de protéger des piqûres de méduses (il arrive parfois que des méduses mortelles traînent dans le coin mais nous n’en avons ni vu ni encore moins senti), nous avons attendu sur le ponton arrière du bateau qu’on nous donne le « go » pour aller à l’eau. Tout est fait pour qu’on se retrouve à peu près sur la trajectoire du requin.
Mais nous ne sommes pas près d’oublier notre toute première rencontre : on saute à l’eau, on vérifie que le masque et le tuba sont bien mis, puis on attend que les bulles autour de nous se calment pour y voir quelque chose, on regarde bien dans toutes les directions et… on ne voit rien. Pourtant, la jeune fille en charge de notre groupe nous fait signe de revenir tout de suite en arrière. « Allez go go go, on s’écarte ! Et maintenant vous pouvez vous retourner ! »
Stupéfaction totale : le requin est juste sous nos yeux. Sa bouche est à 1 ou 2 mètre de distance. Des petits poissons se promènent autour de son énorme tête alors qu’il avance tranquillement. Une vision qui laisse … bouche bée justement ! L’énorme géant passe juste à côté de nous, sans qu’on semble le déranger. On suit scrupuleusement les consignes qu’on nous a données : on a le droit de le suivre tant qu’on ne dépasse pas le niveau de ses nageoires (et qu’on ne passe pas dessus, dessous ou trop près de lui évidemment).

Ensuite, chacun est libre de plonger de nouveau suivant son envie ou son état de fatigue (ça crève de palmer derrière un requin baleine !). Au total, on a dû retourner à l’eau 5 ou 6 fois: on a vraiment eu le temps de bien en profiter. On a vu d’ailleurs plusieurs requins bien différents les uns des autres, facilement reconnaissables soit à leurs cicatrices (l’un d’eux avait la nageoire dorsale coupée par exemple) soit à leur taille (le plus petit faisait 3-4 mètres, le plus grand environ 7 mètres ! On est si petit à côté !)








Pour le prix, on avait bien le droit à notre coupe de Champagne ! 🙂


Demain, on part s’enfoncer à l’intérieur des terres : 7h de route, ça va envoyer du kilomètre. Cette fois la mer c’est fini, et sans doute pour un bout de temps en ce qui concerne le snorkeling : pas sûr qu’on en refasse avant qu’on rejoigne le Mexique (et même là, on ne sait pas si ce sera la bonne saison). Donc il était important de bien en profiter et on pense pouvoir dire que c’est ce qu’on a fait !

