Suite et fin de la trilogie nordiste
OK on n’avait pas pu faire la Gibb Road. Mais bon, ce n’est pas, et de loin, la seule route de l’outback australien. Il y en a des dizaines, des centaines peut-être, des pistes parfois nommées « roads » et même parfois, de façon légèrement abusive, « highways ». En regardant la carte de plus près, il y en a une qui nous attirait l’œil plus que d’autres. Partant à peu près de là où nous étions (le trou paumé et peu accueillant de Halls Creek) pour finir vaguement là où nous voulions aller (Kununurra). Une rapide recherche sur internet nous permit d’en savoir un peu plus et en particulier d’apprendre trois choses intéressantes sur cette piste :
- Elle fait environ 500km de long
- Il n’y a aucune station service ni même aucun service tout court sur le chemin, tout voyageur y pénétrant doit être totalement autonome
- Elle est totalement ouverte à tous les possesseur de 4×4
Et bien voilà, ça, ça donne envie ! Ça sent les heures de conduite et l’aventure ! Il n’en fallait pas plus pour évacuer la frustration d’un premier plan chamboulé et se rabattre sur cette alternative tombée du ciel : direction la Duncan Road.


La Duncan Road n’a pas grand chose d’autre à offrir que sa propre existence. Elle ne relie ni points UNESCO, ni parcs nationaux, ni même merveilles secrètes. Non, elle zigzague au milieu des collines des Kimberleys, avant de plonger dans la savane pour y tracer des traits aussi droits que poussiéreux en plein cœur des herbes sèches. Ce qui en fait le charme, c’est justement son éloignement de tout, sa capacité à disparaître dans un paysage qu’on peut imaginer semblable à ceux des matins du monde, le silence de ses nuits et la sèche beauté de ses journées.
Ce qui ne veut pas dire qu’elle ne croise aucun point d’intérêt, le premier d’entre eux étant le China Wall, muraille de Chine totalement naturelle, pépite géologique, couvrant une colline surplombant une rivière.


Le soir, premier camping au milieu de la nature, personne à des kilomètres à la ronde. Audrey disait que c’était limite un peu flippant et elle n’avait pas complètement tort. S’ils nous arrivait quoi que ce soit, nous ne pourrions vraiment compter que sur nous-mêmes pour nous en sortir. Heureusement, le matin succède à la nuit et chasse les mauvaises pensées à la lumière de l’aube.

Nous avions dormi juste à côté d’un lieu nommé Sawpit Gorge. Nom pompeux pour un cours d’eau entouré de gros rochers. Quand on a vu les parcs de Karijini et Windjana, on devient un peu plus difficiles ! Ceci étant dit, l’endroit respirait le calme, et comme à chaque fois que c’était possible, nous y avons fait quelques longueurs, après avoir vérifié qu’aucun croco ne dormait sur les berges (et priant pour qu’ils ne remontent pas si loin de la mer).






La piste changeait sans arrêt. Parfois excellente, un vrai billard de terre bien dure permettant même des pointes à 110, parfois caillouteuse, parfois boueuse, entrecoupée de très nombreux gués (qu’est-ce que ça doit être à la saison des pluies !) et parfois se réduisant à deux simples traits de terre nue (et on se dit qu’il n’y a désormais plus grand chose pour nous relier à la civilisation)




Nouvel arrêt : Palm Spring. Une véritable oasis ! Une source chaude entourée de palmiers (d’où le nom), deux petits bassins blottis entres les rochers, des concrétions calcaires aux formes amusantes et un pont subaquatique naturel pour traverser le tour et se gameler dans l’eau. Que demander de plus ? L’avoir pour nous tout seuls ? Check !





Deuxième soir : après avoir cherché un bon moment un endroit sympa pour dormir, ce sont des aborigènes qui nous ont donné le bon tuyau. Dormir dans le lit de la rivière Mistake (et non ce n’était pas une blague, encore moins une erreur). La rivière en question, large mais calme, doit être impressionnante à voir durant les hautes eaux, étant donné l’immense lit qu’elle délaisse désormais. On y a trouvé sans problème une chouette place près des arbres pour installer notre campement. et comme il y avait pas mal de bois flotté, ce fut soirée ambiance feu de camp. Les enfants ont adoré. Et ils ne furent pas les seuls…





Et le lendemain, baignade dans le courant évidemment mais surtout recherche de fossiles dans le lit de la rivière. Une belle récolte !



Toutes les bonnes choses ont une fin et nous avons fini par retrouver les routes goudronnées, avec des souvenirs précieux, mais sans regret parce qu’on sait ce qui nous attend encore devant nous.




