(*) Celle-ci, si vous ne l’avez pas, vous êtes soit trop jeunes, soit trop vieux ! 🙂
S’il y a bien un site que nous avions coché sur l’itinéraire de notre road trip australien, c’est celui-ci. D’abord parce que, il faut bien l’avouer, un nom pareil, ça intrigue, ça étonne et finalement ça reste en tête. Ensuite parce que, lorsque nous avions préparé avant de partir les exposés des enfants pour montrer leur trajet à toute la classe et qu’il avait fallu chercher des images marquantes, nous avions illustré l’Australie de l’ouest avec des photos de ce parc. Il y avait donc une certaine attente, et ce dans tous les sens du terme.

En effet, le parc n’a ouvert ses portes que le 1er mai. Auparavant, il était inaccessible à cause du niveau des rivières, de l’états des routes et des dangers potentiels pour les randonneurs dans ses gorges. Ce qui fait que nous avons dû « traîner » autour pendant plusieurs jours en attendant la date fatidique. Et pour permettre cela, il a fallu décaler de deux jours notre départ d’Australie vers le Japon. Il fallait vraiment que ça vaille coup : quelle pression sur ses épaules!!

Mais d’abord c’est quoi Purnululu ? C’est un parc national loin de tout protégeant un massif rocheux portant le nom non moins évocateur de Bungle Bungle. Pour y aller, il faut d’abord parcourir plus de 200 kilomètres de route depuis la ville la plus proche (bon OK en Australie, c’est la porte à côté). Mais ensuite ça se corse : il n’y a certes « que » 53 kilomètres de piste à faire pour rejoindre le parc lui-même depuis la highway, mais c’était clairement les kilomètres de piste les plus relous que nous avons faits. Heureusement le revêtement était bon (sans doute refait à neuf pour l’ouverture du parc) et pas boueux, parce qu’avec juste un peu plus d’humidité, ça aurait pu être l’enfer. La piste tourne sans arrêt, pas une once de ligne droite, ça monte, ça descend et ça traverse des rivières à gué sans arrêt. Bilan : 1h30 pour faire les 53km en question. Ça se mérite de venir ici.

Oui, OK, mais on vient pour voir quoi ? Et bien, comme souvent en Australie Occidentale, on y vient pour voir des paysages. Des pierres mêmes. Et rouges un peu (mais pas que). Mais des pierres qui auraient des formes incroyables, uniques, fantastiques. Les Bungle Bungle abritent en leur sein des formations qui ne seraient pas sans rappeler à certains esprits, justement, une douce poitrine. Ou des dômes. Des ballons. Des ruches. Bref ce qu’on veut mais on voit bien l’idée : c’est le monde du rond.

La route d’approche vers les “dômes” est un enchantement, le paysage devient magique. On découvre tous ces blocs taillés dans la roche striée horizontalement d’orange et de noir. Ces zébrures ajoutent au charme étrange des lieux. On laisse la voiture derrière soi et on peut ensuite explorer tout à pied.






Les chemins permettent de s’enfoncer loin entre les rochers (et tant mieux car leur ombre est plus que bienvenue) jusqu’à des cavités immenses, montrant bien la force des eaux de ruissellement quand vient la saison humide !






C’est un vrai labyrinthe entre les différents blocs (d’ailleurs on s’est même paumés pendant un petit moment). On a déjà marché des heures et pourtant la moitié du parc n’était pas encore ouverte !




On y était tellement bien qu’on y a passé deux nuits dans les campings du parcs, pour profiter ainsi aussi bien des couchers que des levers de soleil sur les falaises.




Le deuxième jour, changement d’ambiance avec la visite de la partie nord du parc et le fameux Echidna Chasm (pas vu le bout de la queue d’un échidné malheureusement). Cette fois-ci, plus question de dômes mais des falaises bien rouges et bien droites (enfin presque, y a encore des arrondis, c’est la marque de fabrique ici).


Et lorsqu’on s’enfonce au milieu de cette masse rocheuse, on découvre tout d’abord une sorte de mini jardin d’éden où l’on évolue sous les palmiers, plutôt inattendus alors qu’on sort d’une savane d’herbes hautes, à peine arborée de quelques eucalyptus.


Si on poursuit en remontant le lit rocailleux de la rivière, on remarque que les parois se ressent petit à petit. Le jour au sommet, loin au-dessus de nos têtes, se fait plus rare jusqu’à ce que le bleu au plafond ne soit plus qu’un mince liseré. On progresse encore et encore dans cette gorge, qui devient elle-même un défilé, qui devient une faille, qui devient à peine un passage. A la fin, les parois sont tellement proches qu’on n’a même la place de prendre des photos horizontalement. Il faut garder les bras le long du corps ! (non on n’exagère pas). Honnêtement, on ne se souvient pas d’avoir déjà déambulé dans des gorges aussi étroites !







On aurait bien passé plus de temps ici mais comme écrit plus haut, de grandes parties du parc étaient encore fermées. On ne se plaint pas, ce qu’on a vu était déjà incroyable. On a eu finalement de la chance que le parc puisse ouvrir en temps et en heure pour qu’on puisse le découvrir; le rater aurait été un vrai crève-cœur. Ce soir, nous sommes revenus à la civilisation et on avoue que reprendre une douche, c’est un luxe qui nous avait aussi manqué pendant ces trois derniers jours. Mine de rien, on approche franchement de la fin du voyage en Australie. On fera sans doute un dernier article depuis Darwin, et ensuite sayonara les kangourous !

