Ce titre, en plus de faire directement référence aux hilarants Darwin Awards, exprime tout notre soulagement d’être enfin arrivés au bout de notre long, très long, roadtrip australien, et ce sans aucun problème notable, humain ou mécanique. Plus de 8000 kilomètres parcourus en 6 semaines, beaucoup de piste, et pourtant, le pire problème qu’on a rencontré, c’est de s’ensabler dans le parc de François Peron (on s’en est sorti très rapidement) ou de se réveiller un matin avec un pneu à plat, à 500m d’un réparateur (et d’ailleurs la réparation a tenu tout le reste du périple malgré les outrages qu’on lui a fait subir). On a connu pire comme ennuis… Bon OK, une de nos deux tentes de toit a bien failli se faire la malle quand on roulait à 110 (il ne restait plus qu’une seule vis de fixation sur les quatre initiales) mais on a pris le problème à temps et on a pu finir le voyage avec une sangle offerte par un voisin de camping (la solidarité entre outbackers n’est pas un vain mot).

Avant d’aller plus loin et d’oublier d’en parler une fois de plus, il existe désormais un moyen de nous suivre quasiment en direct en allant sur le lien suivant: https://www.polarsteps.com/AudreyDARNIEAUD. Vous y trouverez une carte de nos déplacement très régulièrement remise à jour. Il suffit ensuite de cliquer sur « suivre » le compte pour voir notre trajet et quelques photos en avance sur le blog (il faudra néanmoins attendre qu’Audrey approuve l’action avant qu’elle ne soit effective).

Mais reprenons: nous sommes arrivés à Darwin, seule ville commune à nos deux tours du monde. On a un peu joué au jeu des 7 différences entre nos souvenirs d’il y a 15 ans (!) et la réalité actuelle, mais la vérité c’est que la ville ne nous avait pas marqué outre mesure. Pour l’occasion, on a exhumé une photo prise à l’époque et on a réussi à retrouver le même point de vue : outre les échafaudages qui ont disparu, il semble qu’on puisse dire que les arbres ont un peu poussé 🙂

Pas que Darwin soit désagréable, bien au contraire d’ailleurs, juste pas extraordinaire non plus. Capitale à taille humaine du Territoire du Nord, plus proche de Bali que de Sydney, ville tropicale et multiculturelle, c’est une ville à l’ambiance détendue qui présente un joli front de mer. Et c’est vraiment ce qu’il nous fallait après ces semaines de camping (on a pris un AirBnB). Prendre des douches, laver son linge rougi par la poussière australienne, faire la cuisine facilement grâce aux 4 plaques au gaz, préparer son café en deux secondes avec la machine Nespresso, et se poser sur la terrasse pour regarder la mer, c’est ce genre de petits détails qui nous ont fait apprécier le retour à la vie « normale ». Il faut de tout pour faire un voyage réussi !

Nos derniers jours australiens ont néanmoins été occupés jusqu’au bout par l’exploration des beautés naturelles de ce pays magnifique. Nous avons rejoint la station d’El Questro (pour rappel, ici, une « station » c’est une immense ferme qui élève du bétail en quasi liberté au milieu d’un terrain grand comme un état européen des Balkans) tout au bout de la Gibb River Road. Quoi ? encore la Gibb ? Mais elle n’était pas fermée cette route ? Si, et elle l’est toujours d’ailleurs (jusqu’au 12 mai apparemment). Mais El Questro se situe sur la limite orientale de la Gibb, du bon côté des inondations, et était accessible depuis le 1er mai. Timing parfait!

Et qu’est-ce qu’on visite à El Questro ? Des gorges pour changer 🙂 Avec un supplément « sources chaudes » pour bien profiter de la vie. Et des promontoires pour bien profiter de la vue. On commence par quoi ?

Allez, commençons par les sources chaudes, ce n’est pas si fréquent ! Et puis celles-ci, les Zebede Springs, étaient assez exceptionnelles. Pas tant pour la température de l’eau, plus tiède que vraiment chaude (entre 28 et 32°C), que pour le cadre incroyable. La présence de ces sources, qui coulent toute l’année, est une opportunité extraordinaire pour la flore du coin. Du coup, un véritable petit écosystème s’est formé tout autour, créant une vraie oasis au milieu des rochers rouges. On s’y baigne donc au milieu des palmiers, de la mousse et des fougères dans une ambiance de serre tropicale. De plus, la rivière coule de vasque en vasque rocheuse, créant de petites cascades sous lesquelles on peut se doucher à loisir. C’est pas féerique ça ?

Pour ne pas perdre les bonnes habitudes, nous avons ensuite visité deux gorges présentant des points communs. A commencer par une marche d’une heure entourés par des hautes falaises rouges pour atteindre le fond d’une vallée de plus en plus verte au fur et à mesure qu’on s’y enfonçait. L’avantage de venir juste après la Wet Season, c’est que les rivières étaient encore bien hautes et qu’il était possible de se baigner dans les deux cas. Avec à chaque fois des bassins aux eaux cristallines enchâssés dans des écrins de roches tourmentées. Très pittoresque et surtout très fun puisqu’on pouvait y sauter sans danger depuis les rochers alentour. La conclusion de la petite rando dans les deux cas, c’était d’arriver à une magnifique cascade dévalant d’une brèche taillée dans les murailles rocheuses. Avec à chaque fois un décor de carte postale.

Amalia Gorge (la plus agréable pour la baignade) :

Emma Gorge (la plus impressionnante : une cascade immense et surtout des falaises qui remontaient en surplomb au-dessus de nous, nous cachant quasiment tout le soleil. Nous nous trouvions littéralement sous un plafond de pierre)

Le soir, une peu de 4×4 “hardcore” (en vrai le plus compliqué qu’on a fait en Australie) pour rejoindre les hauteurs environnantes et s’offrir un de nos plus beaux couchers de soleil avec une vue panoramique sur les Kimberley (le tout avec une bière et des gâteaux apéro, parce que bon, on est quand même en vacances, on a le droit de profiter). D’un côté les collines, les escarpements rocheux qui finissent en falaises rouges plongeant dans la vallée. De l’autre, la Pentecost River aux reflets argentés (c’est cette rivière au niveau trop haut qui coupe la Gibb Road). Le tout sous une lumière dorée des plus douces. Un pur moment de magie.

Un dernier arrêt sur le chemin de Darwin : il y a 15 ans, en revenant du parc de Kakadu, nous avions fait un stop sur la rivière Adelaide pour voir les “jumping crocs”. C’est assez basique : on prend un bateau, on fait 100m sur la rivière infestée de crocos marins (3.000 juste dans cette petite rivière, plus de 100.000 au total dans le Territoire du Nord), on tend un bout de viande au-dessus de l’eau et paf, un croco saute hors de l’eau pour tenter de s’en saisir avec un claquement de mâchoires à glacer le sang. Ça nous avait déjà impressionnés à l’époque et puisqu’on avait le temps, ça nous amusait de partager ça avec les enfants. Les photos sont impressionnantes et vaccinent à vie de vouloir se baigner dans le coin (sachant qu’en plus des crocos, des méduses tueuses rôdent également).

Et voilà ! Fini l’Australie, et bonjour le Japon ! Le changement d’ambiance, entre le grand rien et la ville surpeuplée, va être rude ! Mais on a hâte !


5 réponses à « Darwin, la récompense ! »

  1. Avatar de Emmanuel Picard
    Emmanuel Picard

    Sacré périple Australien. Je note le « jumping crocs » comme activité dans ma To do list. Bonne continuation qui va sûrement être ultra changeante. 

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  2. Avatar de lancien
    lancien

    El Questro : il y aurait de quoi en faire des gorges chaudes 😁
    Bon c’est dit, à part cela en conclusion de ce road-trip vécu par procuration et qui m’a enthousiasmé, je note que vous avez été extraordinairement chanceux d’un bout à l’autre surtout avec le timing. Même l’épisode du cyclone n’était pas si mal venu, et c’est une expérience unique après tout.
    Quand à la transition on ne saurait faire plus brutal: passer du désert-continent à la ville la plus animée en moins de 24 h, ça doit faire un choc.

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  3. Avatar de Mamou
    Mamou

    Du rouge encore du rouge ! Et quels beaux sites. Merci de nous avoir partagé toutes ces merveilles. Vous avez su bien en profiter avec sagesse. J’espère que les enfants en garderont des souvenirs éblouis 🤩

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  4. Avatar de BOUDOU Delphine
    BOUDOU Delphine

    Merci de nous faire vivre votre voyage à travers ces magnifiques photos.

    Nous avons hâte de découvrir le Japon maintenant.

    Antoine et Delphine

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  5. Avatar de Chicouf
    Chicouf

    Quel plaisir pour vous de se baigner dans des piscines naturelles, dans des sources d’eau chaude afin de se décontracter de la balade et de contempler dans les gorges les cascades qui dégringolent du haut de ces parois rocheuses rouge vif

    Beau souvenir de l’Australie de l’ouest avant le grand départ vers le Japon

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