S’il y a bien une chose que nous avons constatée après nos 10 premiers jours au Japon, c’est qu’il s’agit du pays le plus photogénique du monde. Où qu’on soit, à la ville ou à la campagne, dans un sanctuaire shinto ou sur un volcan, il y a toujours un petit détail singulier – un drapeau qui claque au vent, un torii rouge dressé devant le paysage, la statue d’un tanuki, une forêt de bambous, un damier de rizières brillant au soleil – qui attire l’œil du voyageur, et accessoirement celui du photographe. Choisir des photos pour faire cet article fut un calvaire. On a envie de tout montrer, de faire savoir à quel point ce pays est dépaysant – au sens littéral du terme, et à quel point on l’apprécie chaque jour un peu plus.

Mais voilà, il faut se rendre à l’évidence, on ne pourra pas tout montrer dans ce blog. Ça ferait trop, vraiment trop, de photos, de texte, d’explications. Alors voilà, on va devoir se faire violence et choisir, ne vous montrer que ce qui nous a semblé le plus marquant sur la dernière semaine. Et rien qu’avec ça, il y a de quoi en dire long…



Déjà qu’avons nous fait pendant cette dernière semaine ? Et bien nous avons visité le nord de l’île de Kyushu : une boucle depuis Fukuoka passant par Kumamoto, Aso et Beppu. Juste le nord, parce qu’aller plus au sud, même si c’était tentant, nous aurait forcé à nous presser et qu’on aime vraiment prendre notre temps au Japon. Et on n’oublie pas qu’on a encore plein de choses à voir sur Honshu, l’île principale. Donc juste le nord de l’île pendant une semaine dont chaque journée fut riche en découvertes.



Le premier endroit que nous avons retenu pour cet article fut un sanctuaire très modeste, paumé au milieu de la banlieue de Fukuoka : le temple des grenouilles. Un lieu au charme incroyable, paisible, très peu fréquenté et tout simplement magnifique. Comme son nom l’indique, des dizaines de grenouilles partout, sculptées, peintes ou même transformées en machines à bulles ! Car oui, même dans les temples, on trouve des traces d’humour avec ces statues qui ne se prennent pas trop au sérieux.













Bien sûr il y a le château de Kumamoto. La ville a subi en 2016 plusieurs tremblements de terre destructeurs qui ont non seulement fait plus de 200 morts mais ont aussi endommagé de nombreuses structures, dont ce château historique. Les travaux sont loin d’être fini (on parle de 2035) mais les ouvriers ont déjà réussi à remonter le magnifique donjon central. Et comme vous pouvez le constater sur nos clichés, Florent et Estelle ont pu faire la visite habillés en kimono ! (le rêve d’Estelle)









D’ailleurs ces mêmes tremblements de terre ont été à l’origine d’une initiative inattendue, liée à Eiichirō Oda. Pour ceux qui l’ignorent encore, Oda est l’auteur du manga internationalement connu One Piece (c’est tout simplement le plus vendu au monde). Et Oda est originaire de la préfecture de Kumamoto. Nous ne sommes pas originaux, nous sommes tous fans de la série. Et nous avons découvert presque par hasard que, pour relancer l’activité après les destructions de 2016, pour donner un symbole et montrer que la vie continue, 10 statues avaient été installées dans la région. Ces statues en bronze extrêmement bien faites représentent chacune un des membres de l’équipage des Mugiwara dont on suit l’aventure dans le manga. Evidemment on a essayé autant que possible de modifier notre itinéraire pour en voir le maximum (il faut aller les chercher, certaines sont assez loin de tout). Score final : 6/10, c’est pas si mal ! Car oui, nous aussi nous sommes atteints de la collectionnite aiguë qui touche tous les japonais. Ici tout est sujet de collection : les tampons des lieux visités, les seaux de chaque temple calligraphiés dans un carnet (les goshuin), les 100 plus belles randonnées, les 35 plus belles balades en bateau (véridique), les figurines spéciales édition limitée et mêmes les plaques d’égout qui sont toutes magnifiques et sont répertoriées sur un site internet dédié !









Au centre de l’île trône le mont Aso. Situé au cœur d’une immense caldeira, ce volcan toujours actif domine la région (d’ailleurs le jour de notre visite, il existait une zone d’exclusion de 1km autour du sommet). Une région extrêmement fertile d’ailleurs dont le fond est occupé par les rizières quand les hauteurs sont réservées au pâturage des vaches brunes et des chevaux. On en a profité pour faire de la rando dans le coin avec des panoramas à couper le souffle sur les sommets alentour et toute la vie agricole loin en dessous de nous.














Les gorges de Takachiho semblent irréelles. Taillées dans des coulées de lave refroidies, les falaises surplombant le visiteur donnent l’impression d’être portées par des colonnes de basalte aux formes géométriques taillés par l’homme. Mais tout est naturel, même cette cascade improbable venant se jeter dans la rivière pour créer le spot le plus photogénique qui soit !








Face à la Corée, qui n’est pas si loin (toutes les tentatives d’invasion en provenance du continent sont passées par ici), marquant le pas entre le monde physique et le monde spirituel, le torii Sakurai Futamigaura s’élève plein de grâce. Quel plaisir de se poser sur la plage pour attendre tranquillement que le soleil se couche, pendant que les enfants jouaient dans le sable (mais pas dans l’eau, bien trop froide).








Enfin, nous ne pouvions pas clore ce chapitre sur Kyushu sans mentionner Beppu et ses « enfers ». La ville est connue dans tous le Japon pour détenir le record du nombre de sources d’eau chaude. C’est certainement vrai car vue de haut, toute la ville fume. Il n’y pas un quartier, pas une rue, qui ne laisse s’échapper une fumée blanche révélatrice d’un jaillissement d’eau chaude venue des profondeurs. Bien sûr cette particularité a permis l’essor de deux activité parallèles. La première, ce sont les « enfers » mentionnés plus haut, des sortes de parcs d’attraction géothermiques où l’on peut voir plusieurs phénomènes naturels comme des geysers ou des lacs bouillonnant de différentes couleurs.









La seconde activité, ce sont évidemment les onsens, les bains chauds traditionnels japonais. Il y en a partout, pour toutes les bourses et de tous les types. Luxueux ou sommaires, en intérieur ou en extérieur, privés ou partagés… Pour notre part nous avions deux problématiques à gérer : les enfants (les familles ne sont pas toujours bienvenues) et plus embêtant encore nos tatouages. Car de nombreux onsens interdisent l’accès aux gens tatoués (historiquement, seuls les yakuzas étaient tatoués, ça fait donc mauvais genre). Avec de la chance et un bon conseil, on a fini par trouver l’endroit de nos rêves : en pleine nature au milieu d’une forêt de bambous, pleins de bains différents, mixte et family friendly, et surtout complètement oublié des foules (donc pas de problème avec le regard des autres sur nos tatouages). Un lieu idyllique en extérieur, avec des bains bien chauds et une cascade fraîche dans laquelle se rafraîchir. On aura du mal à trouver mieux dans le reste de notre voyage !








Sur ce, au revoir Kyushu, demain on prend la route vers Honshu et Hiroshima (changement d’ambiance).

