Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps…(*)

(*) Juste une des meilleures chansons française de tous les temps

Oui, il n’est pas impossible que les billets de blogs mexicains reviennent encore et toujours sur un même sujet : la météo. Mais figurez-vous que pour nous, c’est un sujet quotidien. Un sujet horaire même ! On ne cesse de lever vers le ciel des yeux pleins d’espoirs trop vite douchés (au sens propre). On ne peut s’empêcher de frémir au son des orages lointains ou quand l’horizon se barre de nuages.

Je me trompe peut-être hein… Mais je crois qu’il n’est pas impossible qu’il pleuve bientôt…

Et cela agit forcément autant sur le planning que sur le moral. Malgré tous nos efforts, nous avons dû renoncer à la visite du premier UNESCO du pays, la réserve naturelle de Sian Ka’an. Trop de pluie pour se farcir 4h de bateau, revenir trempés et surtout ne rien voir (même les guides locaux nous ont honnêtement dit de ne pas y aller). Du coup nous avons pris la route depuis Tulum pour nous rendre dans la ville de Bacalar, célèbre pour sa Lagune des 7 couleurs. Autant dire que si le temps n’y mettait pas un peu du sien, on aurait peu de chance d’en profiter. Mais tout arrive et une première accalmie finit par nous donner la possibilité d’aller jouer dans l’après-midi au lieu-dit Los Rapidos.

Des Rapidos pas trop violents mais un lieu qui vaut le détour. D’abord parce que c’est fun : on remonte une « rivière » sur 500m, on se met à l’eau d’un côté en se laissant porter par le courant (gilet de sauvetage obligatoire, c’est ainsi) pour revenir au point de départ et puis on recommence autant de fois qu’on veut. Même si ça ne transparaît pas dans les photos, l’eau y est cristalline et étonnamment chaude. Plus qu’une rivière au sens propre, il s‘agit plutôt d’un chenal de communication entre deux lagunes. Et l’effet “rivière” est obtenue grâce à la présence de… stromatolithes (oui les cousins de ceux qu’on avait vus en Australie) dont les parois minérales font comme un canyon souterrain dans lequel s’engouffre l’eau. En bref ? C’est pas vilain comme endroit !

La journée se finissait même sur une touche d’espoir…

Oh un bout de ciel bleu !

Mais il ne faut décidément rien attendre de la météo ici et la journée suivante fut la plus arrosée de toutes, nous empêchant même de sortir de notre chambre. Des seaux d’eau tombant du ciel, sans relâche, un vrai déluge tropical! On décidait donc de sacrifier un jour de voyage afin de rester en ville, se disant qu’après tout, la météo pouvait changer dans un sens comme dans l’autre… Et c’est ainsi que le lendemain, contre toute attente, des rayons de soleil ont accompagné notre tour en bateau sur la lagune !

Longue de 50km de long, la Lagune des 7 Couleurs porte bien son nom. Si sur la plupart de son étendue, elle présente (quand le soleil veut bien s’en donner la peine) une jolie couleur turquoise là où la profondeur ne dépasse pas les deux mètres et que le fond est sablonneux, elle vire parfois au bleu foncé et même au noir d’encre quand elle rencontre des cenotes submergés. Car oui, c’est assez étonnant mais une dizaine de cenotes, les mêmes que ceux dans lesquels nous nous sommes baignés ailleurs, se trouvent directement sous la surface de l’eau. C’est assez impressionnant à voir depuis le bateau: l’eau incroyablement transparente nous permet parfaitement de voir la falaise sous-marine tomber d’un coup pour rejoindre le fond, une centaine de mètres plus bas.

En tout cas, se promener en bateau dans cette ambiance de “plage” que nous n’avions pas encore connue depuis notre arrivée au Mexique, se baigner dans une eau chaude (et douce, la lagune n’est pas salée) c’est exactement ce qu’il nous fallait pour retrouver le moral.

Nous avons donc quitté la côte avec la sensation du devoir accompli pour nous tourner résolument vers la jungle profonde et les ruines d’une des plus puissantes cités mayas de l’époque classique. Calakmul, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, fut à l’époque la grande rivale de Tikal, une ville de 50.000 habitants réunis autour de pyramides immenses ! Un lieu semblant pourtant complètement inhospitalier, sans eau douce, paumé à la frontière du Guatemala et difficile d’accès, encore aujourd’hui (malheureusement, ce dernier point devrait changer, on y reviendra). Il faut en effet conduire de longues heures, sans aucun village à l’horizon, avant d’atteindre cet îlot de pierre surnageant au milieu d’une mer végétale. Ce qui fait que peu de touristes lui rendent visite aujourd’hui et que lors de la nôtre, de visite, nous avons dû croiser en tout et pour tout une dizaine de personnes.

Mais Calakmul vaut toutes les peines qu’on se donne pour l’atteindre. La cité est vaste, avec plusieurs places et des constructions variées. Et si elle reste pauvre en décorations comparées à certaines de ses voisines, elle se rattrape par la dimension de ses bâtiments sur lesquels on peut, ô joie et bonheur, grimper. On se promène sous le couvert des arbres en passant de place en place, découvrant au dernier moment des structures de pierre complètement camouflées par le couvert végétal (on n’aurait jamais cru avant d’y aller qu’on puisse passer à côté d’une pyramide de 50m de haut sans la remarquer. Et pourtant…)

La plus grande structure fait donc 50m de haut et domine la jungle de toute sa hauteur. L’ascension se mérite car les marches sont plus proches de l’échelle que de l’escalier et surtout, le taux d’humidité de 2000% fait qu’on est en sueur au bout de trois petites secondes d’effort. Mais quel pied une fois arrivé au sommet, et qu’on domine la jungle, seul au monde, sans un bruit humain aux environs ! Et pour ne rien gâcher, il faisait un temps magnifique !

Le lieu vaut aussi pour les espèces animales qui l’habitent. Et si nous n’avons pas croisé de jaguar (ça aurait été un sacré coup de pot) nous avons pu voir des singes hurleurs à la belle fourrure noire (mais comment la supportent-ils dans cette moiteur ?) et des singes-araignées à l’agilité incroyable.

On vous disait plus haut qu’on avait apprécié ce sentiment d’être seuls au monde, et que ça allait sans doute changer. Il se trouve que le gouvernement fédéral mexicain a décidé d’investir des milliards dans un chantier pharaonique: le train maya. Un train qui fera le tour du Yucatan en s’arrêtant dans tous les lieux touristiques. Et donc à Calakmul. Sur le papier, ça semble plutôt une bonne idée. Sauf que ce chantier pharaonique, largement décrié par la population locale qui n’en veut pas, détruit des quantités incroyables de forêt vierge. On a vu sur le chemin des saignées dans la jungle qui nous faisaient mal au cœur. Bien sûr que le Mexique a le droit de penser à son développement. Mais à qui va servir cette infrastructure à l’arrivée ? La gare nouvelle de Calakmul, en cours de finition, est complètement surdimensionnée. Au vu de son emplacement, elle ne peut servir qu’au tourisme, pas au transport local. Bref, le lieu se prépare à accueillir le tourisme de masse, aujourd’hui cantonné autour de Cancun et Playa del Carmen. Et bien, nous sommes contents d’être passés avant !

Une dernière pour la route, pour montrer à quel point même les plus haute structures peuvent disparaître sous la végétation

Désormais direction le sud et l’état du Chiapas !


Une réponse à « Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps…(*) »

  1. Avatar de czechows
    czechows

    Hello

    Toujours autant de plaisir à lire vos aventures…
    Pour la météo, il pleut mais il fait chaud … A Paris nous connaissons la pluie et le froid … 21 juin à 12 °C le matin sous la pluie … y’a mieux pour le premier jour d’été 🙂

    Donc désolée, mais du mal à vous plaindre pour la météo, on attend nos vacances et le soleil ici 🙂

    Bises à tous les 5

    Claire

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