(*) Blague récurrente qui nous a fait rire toute la journée

Nous voilà arrivés au Chiapas. Et devinez quoi ? Il fait beau ! Enfin presque… Disons qu’on a failli avoir une journée sans pluie… (blague à part, le temps s’est bien amélioré). Le Chiapas, vous en avez peut-être déjà entendu parler, c’est cet état du sud-est du Mexique, à la frontière du Guatemala, plus ou moins en rébellion zapatiste contre le pouvoir central depuis 30 ans. Et forcément, rébellion ça rime rarement avec organisation. Ah oui, là c ‘est sûr que nous ne sommes plus au Japon. On vous explique…

Le Chiapas, c’est à la fois très vert et très montagneux

On avait plus ou moins prévu d’aller visiter deux sites mayas situés en pleine jungle, pile à la frontière guatémaltèque (Yaxchilan et Bonampak pour ne pas les citer). Difficiles d’accès, loin, très loin des foules, au milieu des lianes et des rivières infestées de crocodiles et de moustiques féroces. Bref, ça avait l’air fun. Mais pris d’un doute après la lecture d’un article sur le sujet, une fouille du web plus attentive nous a appris que la Selva Lacandona, la région en question, n’est vraiment pas conseillée au tourisme en ce moment. En fait le ministère des affaires étrangères français déconseille même d’y aller sauf raison impérative. La raison ? Les cartels de drogue ont pris le contrôle du coin pour faciliter leur trafic et se font la guerre. Les touristes ne sont pas spécifiquement visés mais peuvent prendre une balle perdue. Et visiblement, les sites mayas ne sont plus accessibles car directement occupés par les narcos qui en ont fait des bases arrière. Bref, pas une bonne idée d’aller là-bas.

Du coup, on a annulé cette partie du voyage. On s’est dit qu’on allait se rabattre sur le site de Tonina, près d’Ocosingo, qui a l’air assez dément lui aussi. Mais lui-même n’est plus accessible, cette fois parce qu’un propriétaire possédant la route d’accès a décidé de ne plus laisser passer personne (sur fond de désaccord financier avec le gouvernement). Et tout ça c’est sans compter sur les zapatistes qui bloquent les routes de montagne, justement autour d’Ocosingo, pour protester contre certaines mesures du gouvernement. Mais c’est le bordel ce pays, non ? 🙂 Bon heureusement, aucune de toutes ces turpitudes n’a encore atteint la bonne ville de Palenque.

La ville maya de Palenque est relativement ancienne (les premières installations sur ce site datent d’avant JC) mais elle a connu son apogée autour de l’an 700. Cependant la chute suivit de peu et en l’an 900, on n’y trouvait plus aucun des dizaines de milliers d’habitants qu’elle comptait auparavant. Aujourd’hui, il reste environ un millier de bâtiments enfouis dans la jungle et seule une toute partie (10% à peine) est visible.

La jungle, prête à envahir les lieux de nouveau, dès qu’on ne lui prêtera plus attention…

Mais le premier truc qui nous a marqués en arrivant sur les lieux, bien plus que les exploits architecturaux mayas, ce sont les cris des singes hurleurs. On les entendait à l’œuvre pour la première fois et c’est sacrément impressionnant (et ça pourrait même devenir flippant si on entendait ça en pleine jungle sans être averti). Leurs cris ressemblent aux rugissements d’un lion qui aurait fumé des gitanes maïs pendants 15 ans. Ou aux hurlements d’un mec bourré dans une station de métro parisien (pour l’écho). Au choix. En tout cas, personne ne peut les ignorer, ça porte à des kilomètres à la ronde (par contre ça rend assez mal en photo étrangement).

Le site est bien plus restauré que ceux que nous avons déjà visités. Les temples portent toujours fièrement leurs toits, plusieurs bas-reliefs et frises sont encore en place (ou leur reproductions) et on y trouve même une étrange tour-clocher, unique dans monde maya. L’ensemble est monumental, imposant mais aussi très romantique de par sa position au pied des montagnes à la végétation luxuriante, quand la brume du matin s’élève de la forêt pour venir s’accrocher sur les temples en légers fils de cotons.

On dirait presque un clocher roman, non ?

Le site est formidable et nous avons tous beaucoup apprécié cette visite, que ce soit pour le lieu et la jungle qui l’entoure, la beauté des bâtiments, leur taille gigantesque, les décorations encore en place (stucs, bas-reliefs, stèles, etc) et d’une façon générale l’atmosphère en dehors du temps qui se dégage de cet endroit.

Exemple de frise encore en place

Très peu de touristes sur le site, un fait qu’on ne s’explique pas trop mais dont on ne va pas se plaindre ! Même dans cette situation, nous avons cherché à nous isoler encore plus en nous enfonçant loin dans la jungle mexicaine. Nous avons été servis, avec la découverte de superbes cascades pourvues de vasques naturelles en travertin, plantées au beau milieu des ruines.

Bon, il sera difficile de faire mieux mais on n’en a pas fini avec les cités mayas célèbres. Il nous reste encore Uxmal et Chichen Itza, qu’on visitera dans une semaine et plus si tout va bien. On pourra alors s’adonner au petit jeu des comparaisons à la fin et sortir le classement de nos préférées. D’ici là, on reste dans le Chiapas qui a bien d’autres choses à offrir qu’une palanquée de temples (celle-là aussi, elle est pas mal, mais elle n’est pas de nous).

Puisque c’est une région très arrosée, il est normal d’y trouver des cascades. Normalement, les cascades autour de Palenque sont connues pour leurs eaux bleutées et la possibilité de nager dans des bassins naturels. Mais en pleine saisons des pluies, le niveau a bien monté et il est plus sage de renoncer à la nage dans certains endroits (par contre l’eau reste super chaude !). Et si on y perd un peu sur la couleur de l’eau, on gagne en impression de puissance avec des débits de fou ultra-impressionnants. La première cascade que nous avons visitée s’appelle Misol-Ha (et ça tombe bien, ça veut dire « chute d’eau » dans le dialecte maya du coin). Et pour la petite histoire, c’est la cascade qu’on aperçoit dans Predator. Une cascade bien chouette puisqu’on même passer derrière.

La deuxième, ou plutôt les deuxièmes car elles étaient nombreuses sur un seul site, étaient les cascades Roberto Barrios (oui, le nom fait moins rêver, mais visiblement, ce mec méritait qu’on donne son nom à une cascade et au village voisin). De splendides concurrentes aux célèbres et multi-photographiées Agua Azul, elles aussi dans la région, mais bien moins fréquentées et aménagées. Ces chutes encore très sauvages se découvrent en suivant de petits chemins de terre au milieu de la jungle. Quel plaisir de s’y baigner en fin de journée, sous une belle lumière en écoutant les bruits de la jungle…

La suite du Chiapas, ce sera San Cristobal de Las Casas. A bientôt !


2 réponses à « Mais si on visite Palenque, on visite quoi ? (*) »

  1. Avatar de lancien
    lancien

    Pour ne rien vous cacher, nous nourrissions une inquiétude grandissante au fur et à mesure qu’approchait cette partie de votre périple: le Mexique (l’inquiétude pour nos enfants est dans notre ADN 😉). En voyant que vous vous informez scrupuleusement et que vous savez renoncer, nous sommes un peu rassurés. A part cela le site de Palenque dans son écrin de jungle est encore plus saisissant que ce que nous en avions vu autrefois. Et pour le Mexique c’était notre préféré.

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  2. Avatar de Chicouf
    Chicouf

    Nous aussi , nous redoutions votre venue au Mexique et aurions préféré que vous choisissiez à défaut le Guatemala ou le si beau Costa Rica, beaucoup plus sécurisant. C’est d’ailleurs dans ce dernier pays que nous avions nous aussi entendu les cris impressionnants des singes hurleurs.🙈🙊

    Heureusement que vous avez pu visiter ce site impressionnant, au pied des montagnes dans la tranquillité.Les photos nous permettent de saisir la grandeur et la beauté du lieu.

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