Après avoir quitté Mérida, nous avons continué notre chemin pour boucler notre tour du Yucatán en rejoignant une nouvelle ville, elle aussi homonyme d’une consœur espagnole : Valladolid. Bien plus petite que Mérida, Valladolid est une cité de taille moyenne charmante et paisible, où il fait bon prendre un café sur le zocalo – nom générique de toutes les places centrales du Mexique – à l’ombre de la cathédrale et en profitant comme à Mérida des façades colorées.

Mais il ne faut pas se leurrer, ce qui fait venir les gens à Valladolid, ce n’est pas le charme de ses anciens couvents, non, c’est la proximité du site archéologique de Chichen Itza. LE site maya le plus connu. Une des 7 nouvelles merveilles du monde. Et un site UNESCO bien entendu, dont on a sans doute tous déjà vu une photo dans un magazine quelconque.

Ce truc là…

Il serait pourtant dommage de résumer les alentours de Valladolid à cette seule cité maya. Parce que la ville possède de nombreux autres atouts. A commencer par quelques uns des plus beaux cénotes du Yucatán.

Un pinceau de lumière divine

On ne va pas vous refaire l’affront de vous réexpliquer ce que c’est qu’un cénote, on va supposer que vous avez bien lu le billet de blog précédent sur Mérida 🙂 Et vous l’aurez sans doute compris, les cénotes, nous, on aime ça. Déjà, on ne rechigne jamais à se mettre à l’eau (sauf peut-être Estelle qui est vraiment la plus frileuse de la famille) mais en plus les décors sont souvent fous et si l’on se donne la peine de chercher (c’est sûr que c’est plus facile si on dispose de son propre véhicule), on trouve toujours des coins au calme et loin du tourisme de masse (ça a son importance pour la suite).

Par ici l’entrée

Le cénote Chukum-Ha par exemple. Un cénote souterrain immense (quasi 20m sous le plafond et 40 de circonférence), un dôme de pierre surplombant des eaux bleues éclairées uniquement par un rayon de lumière central. Une ambiance mystérieuse, d’autant plus qu’on y était seuls, sans même un maître nageur pour nous surveiller. Et comme en plus le lieu était équipé de tyroliennes et de plateformes de saut, les enfants s’y sont éclatés.

Changement d’ambiance l’après-midi du même jour avec le cénote X’Canche, ouvert sur l’extérieur mais entouré d’un très beau décor de jungle. Là aussi peu de monde (mais un peu plus tout de même) et une nouvelle fois de quoi s’amuser avec des tyroliennes, des sauts (Florent a sauté de 8m de haut sans hésiter une seconde) et des bouées pour se prélasser.

Toujours dans les environs de Valladolid, nous sommes passés par la jolie ville d’Izamal dont les constructions ont pour particularité, bien visible sur les photos, de n’être peintes qu’en jaune. Et parce que ça fait toujours bien d’avoir un record, aussi peu vérifiable ni même vraiment crédible qu’il soit, le monastère qui domine la ville sa targue de posséder le plus grand atrium (c’est-à-dire le cas présent une place entourée de colonnes) au monde après St Pierre de Rome ! Au passage, on oublie de rappeler que ce même monastère est construit en lieu et place d’une pyramide maya, en réutilisant sans vergogne les pierres de ce même édifice… Mais il faut reconnaître que le résultat claque bien ! (et des pyramides mayas, il en reste quelques unes en plein milieu de la ville, mais elle souffrent de n’avoir pas été restaurées).

Bon, c’est bien joli tout ça, mais ça fait presque amuse-gueules avant le plat principal, non ? Alors Chichen Itza, ça valait le coup ? Avant de répondre, il faut remettre les choses dans leur contexte: ça fait désormais 3 semaines que nous nous baladons entre le Yucatán, le Campeche et le Chiapas sans rencontrer âme qui vive ou presque (on exagère à peine). La dernière visite où nous avions vu des cars de touristes, c’était à Tulum, ville très touristique. Depuis, nous n’avions connu que des sites vides ou peu fréquentés. Le choc fut donc important en arrivant à Chichen Itza. Pour commencer des bouchons (!) pour rentrer sur le site. Ensuite une file d’attente pour acheter les tickets (!!!) et pour finir des groupes et des groupes de touristes en visite sur le site. Et le corollaire direct de tout ça : à peu près autant de stands de marchands de souvenirs que de visiteurs, stands qui sont installés DANS les ruines. On se demandait où étaient les touristes ? Réponse : à Chichen Itza. Et c’est assez logique : le site est assez proche des usines à touriste de la Riviera Maya. Si les gens ne font qu’une excursion dans leurs 7 jours de plage, c’est là qu’ils iront. Bref, c’est blindé de monde.

Ça change de Calakmul, Edzna et Uxmal…

Ceci étant dit, le site est vraiment incroyable. On y trouve des éléments que nous n’avions pas encore vus dans une seule de nos visites. Le Castillo bien sûr, la pyramide surnommée ainsi par les espagnols, et dont la construction raffinée doit tout au calendrier solaire et lunaire: un total exact de 365 marches (4×91 +1 si vous vous demandez) une division en 52 panneaux différents, etc.

Mais il y a aussi le terrain du fameux jeu de pelote, le sport sacré par excellence dont on retrouve une trace dans absolument tous les sites pré-hispaniques. Ce terrain-ci est (et de loin) le plus grand d’Amérique Centrale (bon à ce niveau, vous pouvez bien parler de record de monde, pas sûr qu’il y en ait ailleurs), un immense espace de plus de 100m de long entouré de deux murs verticaux équipés en leur milieu de deux anneaux dans lesquels faire passer une balle en caoutchouc en la frappant… avec les hanches ! Et malheur au vaincu car des frises bien conservées sur les côtés du terrain montrent des scène de décapitation du capitaine de l’équipe perdante.

D’ailleurs c’est ce qui nous a frappés à Chichen Itza : la qualité des sculptures et leur très bon état de conservation.

Ici plus qu’ailleurs on retrouve un symbolisme très martial. Des guerriers en arme partout, des aigles arrachant le coeur de leurs victimes, des serpents dévorants des humains, des jaguars, des têtes de mort,etc. Cela est dû à l’invasion du site par les toltèques venus du centre du Mexique qui apportèrent aux mayas leurs croyances et leur amour du sacrifice humain.

Une déco très gaie ! (bon en même temps cette plateforme servait à exposer les têtes décapitées des sacrifiés)

C’est en rejoignant la partie la plus ancienne du site, peut-être moins spectaculaire mais pleine de charme (et moins visitée aussi, il n’est pas impossible que cela aille de pair) qu’on retrouve l’architecture maya plus « traditionnelle » sans les apport sanguinaires des toltèques (même si les mayas étaient loin d’être des enfants de chœur).

Au final, oui, bien sûr que Chichen Itza est un incontournable. Tous les membres de la famille ont apprécié la visite, malgré la chaleur étouffante : le site est magnifique et possèdes des monuments uniques. Mais si nous n’avions vu qu’un seul site maya au Mexique, et que ce fût celui-là, l’ambiance touristique et commerciale qui y règne bien plus qu’ailleurs nous aurait forcément laissés sur notre faim.

D’ailleurs en parlant de visite touristique, nous avions décidé de faire un stop rapide dans un cénote voisin de Chichen Itza, afin de nous rafraîchir un peu avant les presque 3 heures de route finales pour rejoindre Cancun et son aéroport. On se doutait que la proximité des lieux serait certainement un facteur de surfréquentation, mais on a voulu voir… Et bien, on a vu ! Les photos parlent d’elles-mêmes surtout quand on les compare à celles qui se trouvent en tête d’article. Oui le cénote était très joli, très profond avec de longues lianes tombantes, mais bon sang que de monde dans l’eau ! On ne critique pas, ce n’est juste pas notre truc, et nous plaignons sincèrement celui qui n’aura vu que ce cénote dans tout son voyage au Mexique (et il doit y en avoir pas mal, des gens dans ce cas) !

Désormais, il ne nous reste plus qu’un stop de quelques jours à Mexico avant de découvrir le Canada !


Une réponse à « Fin du road-trip au Yucatán »

  1. Avatar de lancien
    lancien

    Merci pour cette conclusion de votre road-trip au Yucatan. Vous avez vu beaucoup de choses extraordinaires et vous avez su nous les faire partager. Et au final visiter hors saison, fut ce pendant la saison des pluies, s’avère être un très bon plan. A Mexico vous allez voir le musée d’anthropologie. Je vous envie. Je l’ai visité deux fois et j’en garde un souvenir ému, car je le considère comme l’un des plus passionnants musée de ce type. Déjà en 1967 c’était un modèle du genre.

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