Sous cet acronyme, qu’on pourrait bien prendre pour l’expression d’une année en chiffres romains, se cache en vérité la ville de Mexico ou plus exactement la Ciudad De MéXico. Plus grande ville du pays, une des plus grandes villes au monde et qui alimente pas mal de fantasmes (de même que le Mexique dans son ensemble d’ailleurs). D’abord les évidences : immense (c’est bien le cas), surpeuplée (bien sûr), polluée (c’est pas complètement faux). Mais aussi sale et dangereuse. Et pas forcément ultra attractive pour les touristes. Et là pour le coup, il y a des préjugés qu’on peut corriger (on préfère vous prévenir: l’article sera long).

Tout d’abord la ville de Mexico et ses environs ont une foultitude choses à offrir. Des quartiers tranquilles à hipsters, des balades sur d’anciens canaux en pleine nature (et oui !), des ruines archéologiques, des rue commerçantes animées, de beaux immeubles art déco, des bâtiments coloniaux qui penchent méchamment ( toute la ville est construite sur un lac) et des musées à foison.

Commençons par le quartier de la Condesa (la Comtesse, celle qui l’avait fondé) dans lequel nous avions élu domicile pour ces 5 jours. Forcément, on n’avait pas choisi le moins sympa. C’est un quartier qui a été envahi il y a quelques années par les jeunes et les hipsters, et qui doit contenir la plus forte concentration de restos en terrasse de tout le continent nord-américain (statistique totalement subjective). Envahi par la verdure tropicale, on s’y déplace à l’ombre du soleil dans des rues larges et accueillantes où l’on trouve autant de joggers que de promeneurs de chiens (signe d’une certaine aisance matérielle). Un mélange d’architecture art déco et coloniale achève de lui donner tout sons charme. Honnêtement, on se sent presque à la maison et l’ambiance fait parfois carrément parisienne (si on excepte les tacos et les palmiers).

Il paraît que Mexico est une des villes au monde avec le plus de musée au km² et on veut bien le croire. Bon avec les enfants, on n’en a guère abusé, ça se lasse vite ces petites bêtes, mais le musée national d’anthropologie, celui qui conserve l’ensemble des collections archéologiques issues de toutes les civilisations du pays (et le Mexique n’en manque pas) vaut à lui seul le voyage.

Ce musée expose entre autres tous les trésors extraits des fouilles effectuées en centre-ville. Car CDMX est construite à l’emplacement exact de l’ancienne capitale aztèque (ici, on préfère d’ailleurs le terme « mexicas » pour les désigner) : Tenochtitlan. L’envahisseur espagnol Cortès la fit raser et on construisit dessus ce qui deviendra l’actuelle Mexico. Tenochtitlan sombra alors sous des tonnes de gravats et d’oubli. Ce n’est que dans la deuxième moitié du XXème siècle qu’on redécouvrit par hasard (grâce à un chantier en centre ville) les restes de la capitale mexica. Aujourd’hui, on peut donc en plein centre-ville, à deux pas de la cathédrale et de la place de la constitution, visiter les restes de la grande pyramide aztèque. C’est un peu la Rome du Mexique en somme…

Le centre-ville lui-même est très sympa d’ailleurs, rempli d’immeubles de l’époque coloniale mais aussi de parcs et de bâtiments du 19ème. Et le week-end, quelle animation : une foule incroyable, à croire que tous les mexicains sortent dans la rue pour se promener en famille ! (c’est sans doute le cas en fait).

Le soir, place Garibaldi, assis à la terrasse d’un café, on peut payer des mariachis pour se faire chanter des balades…

… mais plus intéressant pour nous, on peut aussi aller voir du catch mexicain, de la lucha libre ! Les lutteurs (masqués pour la plupart, c’est la tradition) sont de vrais gymnastes aux qualités athlétiques impressionnantes. Ça vole dans tous les sens, ça s’explose par dessus la troisième corde, ça s’envoie de la power bomb, du frog splash ou du DDT à tout va (oui on aime le catch par ici !). La salle de 17.000 places était pleine alors qu’on était en pleine semaine, sans grosses vedettes !

Enfin, comme écrit plus haut, Mexico a été construit sur un lac (5 lacs pour être exact mais on va simplifier). Le plus connu d’entre eux, celui au milieu duquel se trouvait l’île de la capitale Tenochtitlan, était le lac Texcoco. Les mexicas utilisaient parfaitement les ressources de ce lac pour nourrir les habitants de ce qui était à l’époque une des plus grandes villes au monde. Ils avaient mis en place un incroyable système de la gestion de l’eau et inventé une technique d’agriculture sur des sortes de jardins « flottants » qui permettait de produire de 4 à 8 récoltes par an. En arrivant, les espagnols n’en crurent pas leurs yeux et… se dépêchèrent d’assécher le tout. Aujourd’hui, paradoxalement, la ville connait de graves épisodes de sécheresse. Du lac Texcoco il ne reste que 2% de la surface d’origine, entre autre occupée par une série de superbes canaux qu’on peut parcourir en barque.

On a eu le droit à une petite explication sur la façon de créer, fertiliser et semer les chinampas (les fameux jardins « flottants »)…

… mais le clou du spectacle, surtout pour Florent qui les adore, ce fut la rencontre avec les axolotls. Malheureusement, d’après notre guide, ceux-ci ont disparu à l’état sauvage. Le lac Texcoco était leur seul et unique lieu d’habitation : or le lac a quasi disparu et ce qui en reste est trop pollué pour maintenir une population saine et stable. Pourtant, ils y étaient à un moment si nombreux que les anciens en mangeaient (c’était considéré comme un plat délicat, sans doute semblable à nos grenouilles !). L’animal ne survit donc qu’en aquarium, en espérant une réintroduction prochaine dans son milieu d’origine. Mais il y a du chemin…

Note : la vraie couleur des axolotls, c’est le noir. La version blanche qui est si populaire parce que trop mignonne est en fait une version albinos sélectionnée par l’homme et qui mourrait en très peu de temps dans la nature.

Enfin on ne pouvait pas visiter une ville mexicaine, fut-ce la capitale, sans aller voir les ruines d’une ancienne cité aux environs. Dans le cas de Mexico, il s’agit de la très célèbre Teotihuacan. Une cité antérieure à celle des mayas visitées dans le Yucatán puisque sa plus grande pyramide, celle dite du soleil, fut achevée autour de 250 après JC.

Une cité immense aux longues et larges avenues, surplombée par les pyramides du Soleil et de la Lune

Ce site possède une forte puissance évocatrice : on imagine sans mal les hordes de commerçants s’affairer dans les plazas, les prêtres chanter leurs invocations au sommet des temples et les guerriers leur apporter les prisonniers ennemis en guise de sacrifice. Les espaces sont gigantesques, démesurés, à la hauteur d’un empire qui recouvrait pas loin de tout le Mexique actuel. Au final, une de nos visites archéologiques préférées.

Et voilà, c’était notre dernier article sur le Mexique. Le prochain billet sera écrit depuis le Canada, dernière étape de notre tour du monde.


4 réponses à « CDMX »

  1. Avatar de Mamou
    Mamou

    Article vraiment intéressant et instructif aussi bien sur le passé que sur la cité actuelle de Mexico. Ça donne envie de se plonger dans l’histoire de ces civilisations. 👏🤩🥰

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  2. Avatar de lancien
    lancien

    Tous ces articles enthousiastes et si complets nous laissent parfois l’impression qu’on n’avait presque rien vu du Mexique jadis. Il faut dire qu’on avait fait cela en mode speed en ne disposant pas de la commodité d’un véhicule personnel. En tout cas bravo pour l’organisation et pour les comptes rendus si bien commentés.

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  3. Avatar de Anne Mondoloni
    Anne Mondoloni

    rolala moi le Mexique me terrorise même si les axolotls me charment ainsi que le côté « historique » …

    Mais vos photos sont tellement belles et ta narration toujours si enthousiaste que ça me donnerait presque envie d y aller 😂

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  4. Avatar de Chicouf
    Chicouf

    Des comptes rendus bien détaillés de cette Capitale aux multiples facettes, que nous découvrons avec vous par les nombreuses photos prises lors de vos déplacements. Le Mexique est passionnant de par son histoire et ses civilisations et grâce à vous, nous l’avons parcouru avec enthousiasme.👍

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