L’ouest canadien est ainsi fait que, quoi que nous fassions, nous ne serons jamais loin des montagnes. Nous vivons au milieu d’elles, passant de vallées en vallées, traversant stations de ski, cols élevés et forêts d’altitude. Les parcs nationaux s’enchaînent en un chapelet de noms évocateurs: Mont Revelstoke, Glaciers, Yoho … La région se prête incroyablement bien à l’exploration à la force des mollets, pour le plus grand bonheur de certains, et un peu moins pour d’autres 😉

Ça fait pas semblant de grimper…

Prenons le parc Glaciers par exemple. Un petit parc traversé par la Transcanadienne, cette colonne vertébrale autoroutière du pays, indispensable axe de transport reliant les deux océans. Moins visités que ses voisins célèbres des Rocheuses (Banff et Jasper) il n’en recèle pas moins des trésors: entres autres, comme son nom l’indique, une jolie collection de glaciers que l’on peut admirer de près… Ou d’un peu plus loin comme ce fut notre cas, limités que nous étions par la présence d’une maman grizzli dans les environs qui interdisait l’accès aux sentiers à tous les groupes de moins de 4 adultes. Nos enfants auraient sans doute faits une proie trop tentante…

Bloqués d’un côté par la trop petite taille de notre famille, nous nous sommes rabattus sur le chemin Hermit, visiblement moins fréquenté par les plantigrades. Ce fut un mal pour un bien tellement cette randonnée fut riche en paysages extraordinaires. La montée fut rude mais elle nous permit d’accéder à une splendide prairie alpine, entourée de moraines et de falaises immenses, avec en face de nous la vue sur l’ensemble du champ de glace du parc national.

Très peu de monde en ces lieux, et ce n’est pas un mince exploit quand on connaît la surfréquentation des parcs canadiens en été (il faut dire que c’est un peu le meilleur, et presque le seul, moment pour les visiter). Nous avons trouvé le meilleur spot du monde pour pique-niquer, gentiment posés sur l’herbe douce, protégés par les rochers et bercés par le bruit des torrents.

Autre parc, autre ambiance : Mont Revelstoke. Un parc plus accessible car une longue route asphaltée permet d’y atteindre les hauteurs. De là, plusieurs randonnées à la journée conduisent les amoureux de la nature au travers des prairies alpines fleuries jusqu’à des lacs d’altitude qui sont autant de joyaux aux eaux transparentes enchâssés dans l’écrin des montagnes canadiennes. D’abord le lac Miller, aux eaux froides mais qui ne repoussent pas les baigneurs aguerris…

Décidément les écureuils adorent nos peluches !

… puis le lac Eva. La randonnée était clairement moins difficile que celle d’Hermit au point de vue du dénivelé, mais bien plus longue en distance. On en est revenus avec des mollets durs et des étoiles pleins les yeux.

Redescente le soir sur la ville de Revelstoke et la Columbia River, nappées dans la brume

Cap ensuite vers l’est et le parc de Yoho (clairement un nom de parc pour pirates en goguette) qui abrite plusieurs sites bien différents les uns des autres.

Les vues depuis la transcanadienne

A l’intérieur du parc, les Takakkaw Falls sont les deuxièmes plus hautes du Canada. Plus que leur hauteur, c’est la force du débit qui nous a scotchés. L’eau est comme projetée du sommet de la falaise par une puissante lance à incendie et met de longues secondes avant de venir s’écraser près de 300m plus bas. Evidemment le nuage de vapeur qui l’entoure trempe en quelques secondes tous ceux qui auraient la témérité de s’en approcher de trop près.

Ça ne rebute pourtant pas certains qui n’ont pas hésité à braver les éléments (et la pente friable) pour aller se rendre compte au plus près de la force des éléments.

Dans une ambiance bien plus sereine, l’Emerald Lake est un immense miroir pour les sommets environnants. Comme son nom l’indique, sa couleur irréelle en fait un joyau du parc. Même si les conditions n’étaient pas parfaites (un voile de brume couvrait tous les sommets ce jour-là) nous avons été envoûtés par l’ambiance paisible des lieux.

Plus bas sur la route, le Natural Bridge est une curiosité géologique. Une barrière rocheuse qui barre la route d’une puissante rivière, l’obligeant à creuser son chemin sous la roche. Il est donc possible, théoriquement, de traverser à pied sec. Mais cette fois les intrépides de la famille n’ont pas tenté le diable en tentant leur chance dans une traversée par trop périlleuse (un pont artificiel construit juste à côté le permet aussi bien !)

Bon, et ce n’est pas le tout de marcher, on peut aussi s’amuser à descendre les rivières : Les enfants ont eu le droit à leur baptême de rafting. Forcément, avec une petite de 8 ans, quasi trop légère pour avoir le droit de monter (il fallait qu’Estelle fasse 50 livres minimum pour avoir le droit de participer, elle en faisait 49.5, ils ont accepté) on ne pouvait pas choisir le parcours avec les rapides les plus « sportifs ». Mais néanmoins, on a eu le droit à deux beaux rapides en début et en fin de parcours qui nous ont bien secoués et surtout trempés dans l’eau à 6°C !

Toujours dans le parc de Yoho, les Wapta Falls ne sont pas les plus hautes, mais certainement les plus larges du parc. Installées sur la même Kicking Horse River (quel nom de rivière trop cool !) que nous avions descendue en raft, on dirait des Niagara en miniature. Le bruit est impressionnant en tout cas. Et puis, on peut même prendre des chemins pour s’en approcher au plus près…

… et donc, qui a encore fait des grimpettes pour aller se faire saucer de près ? (on pouvait essorer les fringues après coup)

Nous continuons notre route vers l’est en progressant au travers des parcs jusqu’à Calgary, ville où nous rendrons notre camping-car. Nous n’irons pas au parc national de Jasper, et c’est bien dommage, car un incendie (toujours en activité) a rasé un tiers de la ville du même nom (et c’est bien plus dommage pour ses habitants). Les feux de forêt ici, en Alberta et en Colombie Britannique, c’est un sujet qui revient chaque été, un phénomène normal mais qui s’amplifie, comme partout ailleurs. Mais entre Banff et Lake Louise, il nous reste plein de choses à voir de toute façon. A la prochaine !


Une réponse à « Et toujours les montagnes… »

  1. Avatar de Mamou
    Mamou

    Que d’eau et quelles magnifiques montagnes, glaciers… Nos petits enfants vont trouver la France bien petite à leur retour. L’horizon américain c’est extraordinaire 🍁🤩🥰♥️

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